Mois : avril 2019

Divers: Arts visuels Jean-Pierre Larocque, le noble guerrier

Photo Bertrand Carrière

À la Maison de la Poste, la commissaire Isabelle de Mévius présente jusqu’au 23 juin une rétrospective majeure de l’artiste québécois Jean-Pierre Larocque. Nul prophète en son pays, le sculpteur et dessinateur a créé un corpus fascinant avec, essentiellement, de l’argile et du fusain. Un travail intemporel et d’une grande noblesse de la part d’un tendre guerrier qui dit que l’art c’est « faire quelque chose avec rien ».

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Scènes de la vie conjugale: l’imparfaite amitié

La pièce Scènes de la vie conjugale est présentée au Quat’Sous jusqu’au 10 mai.

En grand lecteur intelligent qu’il est, James Hyndman a fait de l’oeuvre bergmanienne Scènes de la vie conjugale un spectacle pertinent, bien construit et astucieux sur le (non)amour et le couple, l’amitié, surtout, qui, elle, survit à tout.

Télésérie et film, l’oeuvre Scènes de la vie conjugale d’Ingmar Bergman n’a guère vieilli dans cette adaptation scénique présentée au Quat’Sous. Toute personne ayant connu la vie de couple saura se reconnaître en Marianne et Johan. Dans leurs vérités et mensonges, petites et grandes lâchetés, faux-semblants et vrais désespoirs.

Divers: Chute libre, la spirale de la condition humaine

La chorégraphe et cinéaste Dana Gingras a collaboré avec Marie Brassard (texte et narration) pour créer Chute libre, un film immersif présenté à la SAT jusqu’au 27 avril. Cette expérience allie l’intelligence d’une forme maîtrisée par la réalisatrice à la qualité de la réflexion de la dramaturge pour créer un continuum narratif convaincant sur la réalité organique de la condition humaine.

Littérature: Hélène Frédérick, adolescence explosive

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Hélène Frédérick, la nuit sauve, Verticales, 178 pages

Le troisième roman d’Hélène Frédérick, la nuit sauve, se déroule en pleine campagne québécoise. L’autrice, qui vit en France depuis 12 ans, possède une langue et un style qui lui sont propres et qu’elle utilise pour raconter la violence du passage vers l’âge adulte d’une jeunesse attachante, mais inquiète. À la fin de l’année scolaire, ces ados vont foirer dans un champ de blé d’inde pour faire un périlleux pied de nez aux interdits.

Théâtre : Jamais Lu/never read

Les codirecteurs artistiques du 18e Festival du Jamais lu: Marcelle Dubois, Alexis Diamond, Nahka Bertrand et Pascal Brullemans. Photo: David Ospina

Le 18e Festival du Jamais lu sera le plus multilingue never présenté. La cinquantaine d’autrices et auteurs participant.e.s sont Montréalais∙e∙s, Manitobain∙e∙s, Anishinaabes, Croates, Dénés, Ontarien∙ne∙s, Huron∙ne-wendat, Malécite, francophones et anglophones. Non, le Jamais lu n’a pas attrapé la fièvre identitaire, il tend plutôt des passerelles, des ponts, des liens. Bref, il répartira un vaccin appelé « Franchir les solitudes » du 2 au 11 mais au Théâtre aux Écuries.

« Parce que les artistes ont beaucoup plus en commun qu’en désaccord », de souligner la co-directrice artistique de cette année, Alexis Diamond. La directrice de l’événement, Marcelle Dubois, l’a convaincue de partager les tâches artistiques avec également, Nahka Bertrand et Pascal Brullemans. Le quatuor a accouché d’une programmation internationale puisque le Jamais lu présentera les textes des autrices françaises Aurianne Abécassis (Taïga) et de Sonia Ristic (Yalla!)

La fête des mots s’ouvrira lors d’un garden party mijoté par Alix Dufresne (La déesse des mouches à feu, voté meilleur spectacle de l’année 2017-2018 par l’AQCT) et qui mettra en vedette les voix de Simon Boulerice, Nicole Brossard, quatre jeunes actrices qui ont joué dansLes déesses, Manal Drissi, Frannie Holder, Frances Koncan, Ricardo Lamour, Geneviève Petterson et Gabriel Robichaud.

Les auteurs et autrices d’ici qui seront lus cette année sont Mellissa Larivière,
Dillon Orr et Lionel Lehouiller, Alexis Diamond et Hubert Lemire, Maxime Champagne, Karine Sauvé, Mathilde Eustache. Un défi intéressant a été lancé également à 12 poètes qui ont reçu la commande d’écrire comme si elles.ils allaient mourir le lendemain de leur spectacle: Charlotte Aubin, Virginie Beauregard D., Daria Colonna, Carole David, Marie-Élaine Guay, Benoit Jutras, Daniel Leblanc-Poirier, Jean-Christophe Réhel, Emmanuel Schwartz et Maude Veilleux.

La traduction de la pièce, Mouthpiece, du duo Amy Nostbakken et Norah Sadava (Toronto) sera présentée par Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent. Miranda & Dave recommencent encore, de Rhiannon Collett (Toronto), a été traduit par Éric Noël et sera mis en lecture par Sophie Cadieux. Gabrielle Chapdelaine, de son côté, présentera zaghidiwin / amour, de Frances Koncan (Winnipeg).

Enfin, le spectacle franco-anglo-créole-italien, concocté par Tamara Brown, de la famille du Play Wright Workshop et du Théâtre Centaur, sera un happening de clôture mettant de l’avant les voix de Jessica Beauplat, Michaela DiCesare, Phoenix Inana, Naïma Phillips, Deanna Smith, Elena Stoodley, Danette Mackay, Anton May et Tamara Brown.

Infos et billets: jamaislu.com

Théâtre: Un bon bol d’air au TNM en 2019-2020

L’équipe de Lysis, photo Yves Renaud

La directrice du TNM, Lorraine Pintal, ouvre grandes ses portes en 2019-2020 en programmant le Nouveau théâtre expérimental et des femmes qui sont à l’avant-poste des arts de la scène au Québec : la metteure en scène Angela Konrad ainsi que les dramaturges Fanny Britt (Hurlevents) et Alexia Bürger (Les Hardings, prix du meilleur texte de la critique l’an dernier).

En résidence d’écriture au TNM, ces deux dernières présenteront Lysis, une réécriture de la pièce Lysistrata d’Aristophane âgée de plus de 2000 ans. À l’époque, les femmes disaient non au sexe. Dans leur adaptation, le duo Britt-Bürger lace le refus de procréer au centre du propos.

« Avec la place des femmes qui a changé, leur pouvoir ultime, celui qui n’appartient qu’à elles, c’est celui de l’enfantement », explique Alexia Bürger à propos de cette nouvelle mouture qui sera mise en scène par Lorraine Pintal en misant sur une distribution impressionnante.

La grande Angela Konrad (Platonov, amour, haine et angles morts) entrera également au TNM avec sa complice Sylvie Drapeau. Les deux artistes travaillent depuis un bon moment déjà à l’adaptation des quatre romans de l’actrice – Le fleuve, Le ciel, L’enfer et La terre – réunis ici sous le titre Fleuve.

En lever de rideau, le TNM présentera Knock ou le triomphe de la médecine de Jules Romain. Les deux complices du Nouveau théâtre expérimental, Daniel Brière, qui signera sa première mise en scène au TNM, et Alexis Martin, dans le rôle de Knock, s’en donneront à cœur joie dans cette comédie sur les bien portants imaginaires.

Autre recrue du TNM en 2019-2020, le chanteur Marc Hervieux jouera Nelligan. Le livret de Michel Tremblay sur la musique d’André Gagnon sera dirigé par Normand Chouinard. Chanteuse et actrice hors-pair, Kathleen Fortin est également de l’aventure.

La programmation la plus diversifiée du TNM depuis des lustres comprend également le grand classique de Tchekhov, Les trois sœurs, qui permettra à René Richard Cyr de diriger
Evelyne Brochu, Noémie Godin‑Vigneau et Rebecca Vachon, entre autres.

Le théâtre de la rue Sainte-Catherine a aussi eu la bonne idée de reprendre en octobre prochain La détresse et l’enchantement (Gabrielle Roy) avec la merveilleuse Marie-Thérèse Fortin. Enfin, pour clore la saison 2019-2020, Lorraine Pintal présentera enfin à Montréal son adaptation de L’avalée des avalés de Réjean Ducharme mettant en vedette l’électrisante Sarah Laurendeau dans le rôle de Bérénice.

Infos: tnm.qc.ca

L’avalée des avalés, crédit Yves Renaud