LITTÉRATURE: Des autrices et auteurs réclament une rétribution équitable

Une Déclaration des autrices et auteurs contre le travail gratuit circule sur le web depuis quelques jours. À la suite d’une prise de position de Marie Darsigny (Trente) sur Facebook à propos d’un travail d’écriture non rémunéré, Pierre-Luc Landry (Les corps extraterrestres) et Lucia Carballo (Créatures de hasard) ont décidé de prolonger le débat sur une plateforme publique.

Déjà, près d’une trentaine de jeunes autrices et auteurs – Chloé Savoie-Bernard, Kevin Lambert, Jean-Christophe Réhel, Stéphanie Roussel, Vincent Lambert, Marjolaine Beauchamp entre autres – ont signé le document qui est ouvert à tous les écrivain.e.s. et peut être modifié par quiconque le partage. Ce work in progress n’est ni une lettre ou un document officiel pour le moment, mais par ce geste, les écrivain.e.s annoncent leur intention de réclamer une rétribution équitable pour leur travail.

Le romancier et éditeur de la collection Queer chez Triptyque, Pierre-Luc Landry s’est engagé à présenter la Déclaration une fois terminée au conseil d’administration de l’Union des écrivaines et écrivains québécois. Il a écrit sur Facebook que le texte pourra servir de défense « contre celles et ceux qui veulent nous faire écrire ou performer nos textes pour de l’exposure ».

« C’est comme si en tant qu’écrivains, nous n’avions pas le droit de nous prononcer, car notre pratique artistique est de « gauche » et demander de l’argent c’est de « droite ». Je tiens à me prononcer contre toute forme d’exploitation », explique Lucia Carballo (Créatures du hasard).

« Considérant les ventes médiocres des ouvrages québécois, il est impossible pour quiconque, ou à peu près, de ne subsister que grâce aux droits d’auteurs. Il faut donc imaginer que chacun·e occupe un ou plusieurs autres emplois et que l’écriture, dans ces conditions, doit se faire sur du temps qui est “volé” aux contingences du quotidien. Donc même si le geste d’écrire ne coûte presque rien, il demande du temps qui mérite d’être rémunéré. Dans ce sens, toute oeuvre écrite sans bénéficier d’une bourse à la création ou de tout autre financement est une oeuvre dont l’auteur/autrice aura “payé” pour l’écrire », peut-on y lire notamment dans la Déclaration.

Plus loin, les autrices.teurs se demandent: « Pourquoi tout le monde est payé (graphiste, imprimeur·e, réviseur·e·s, éditeurs et éditrices, distributeurs, libraires, correcteurs et correctrices d’épreuves, responsables des communications, etc.), sauf la personne qui a écrit le texte? Certes, nous recevons parfois une avance sur les ventes potentielles de nos livres, mais il faut attendre un an avant de toucher aux droits d’auteurs. Pour ceux et celles qui ne le savent pas, l’auteur/autrice reçoit 10% des ventes du livre. »

À l’origine de cette prise de position, le 25 septembre, Marie Darsigny écrivait sur sa page Facebook: « Aujourd’hui, j’ai dit non à du travail d’écriture non-rémunéré; on est plusieurs et on est crissement écoeurées, watch out, on voit à travers votre game d’abus à peine déguisé et si votre argument est « ça n’a jamais été payé », bien, il serait peut-être temps de revoir la façon de faire, parce que rien n’est figé, tout change, le milieu littéraire n’a aucune raison de traîner de la patte ».

Pour accéder à la Déclaration cliquer sur le lien suivant:

https://docs.google.com/document/d/1zDSeQJ1xthU7wvB0UDZIqOAqXo0IwQDfjw7R9k6taTc/edit?usp=sharing

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