THÉÂTRE: Les amoureux, diablement drôle!

Catherine Chabot (Eugenia), Maxime Genois (Fulgenzio) dans Les amoureux, photos: Gunther Gamper.

De la comédie de très haut niveau. Voilà ce que nous offre Catherine Vidal au Théâtre Denise-Pelletier avec son adaptation de la pièce bicentenaire de Goldoni, Les amoureux. Le spectacle endiablé et les interprètes survoltés font sourire et rire pendant 100 minutes bien comptées.

Oh que les jeunes vont s’amuser au Théâtre Denise-Pelletier dans les prochaines semaines! Catherine Vidal dépoussière un classique jamais monté à Montréal, Les amoureux de Carlo Goldoni, empruntant aux maîtres de l’Italien – la commedia dell’arte et Molière – et en lui insufflant juste assez de hip hop et de techno pour rendre le tout irrésistible.

Avec ce texte où l’amour et la haine font bon ménage dans le couple, la mise en scène de Catherine Vidal maintient une énergie de tous les instants et les interprètes s’y donnent à cœur joie. Cabotinage tout à fait pertinent inclus.

Hébergées par un oncle mégalomane, Fabrizio, ses nièces jouent au jeu de l’amour et du hasard. Enfin, l’aînée plus pragmatique, Flamminia, tente de raisonner sa sœur, la farouche Eugenia, afin qu’elle accepte les avances de Fulgenzio, jeune homme colérique ayant grand cœur, alors qu’un autre bellâtre, Roberto, tourne autour. Valets, messagers, amis et oncle joueront les entremetteurs et les trouble fêtes jusqu’à la fin de cette entourloupe sur le thème « on s’aime ou on s’hait? ».

Les réponses sont multiples et permettent aux spectateurs de s’y retrouver, dans l’une, l’autre ou toutes les situations. Les apartés, adresses au public ou au technicien de son au fond de la salle, nous rendent complices du parti pris ludique instauré par la mise en scène qui va même, suprême cabotinage s’il en est, jusqu’à rire de la pièce elle-même.

Catherine Vidal démontre toute l’intelligence qu’elle peut avoir d’un texte et de sa nécessaire chorégraphie – quelque pas de danse solo ou en duo font d’ailleurs exploser la salle – dans un tel va-e-t-vient de personnages archétypaux, bien découpés et exploités.

Dans un décor (Geneviève Lizotte) d’un kitsch superbe et des costumes au diapason (Elen Ewing), les interprètes y mettent autant de folie, de niveaux de langage et de gestes grandiloquents nécessaires. Cette farce a un goût de revenez-y, d’autant plus que les interprètes en sont les volontaires dindons.

À cet égard, Éric Bernier (Fabrizio) survole la scène, Catherine Chabot (Eugenia) explose et Olivia Palacci (Lisette) déclenche le rire à chaque apparition comme elle le fait toujours. Le reste de l’équipe propose, d’ailleurs, un excellent soutien, notamment, le physique Maxime Genois (Fulgenzio), la parfaitement sérieuse Sofia Blondin (Flamminia) et le pince-sans-rire Vincent Côté (le serviteur Succianespole).

Les amoureux c’est une injection de bonne humeur sur le sujet le plus éculé de la terre. Le spectacle rallie l’ancien et le moderne, les travers et les tendresses du couple, le superficiel et le plus profond.

L’amour toujours. Avec tous ses clichés et ses risibles prétentions. Plaisir coupable et délectable.

Les amoureux est présenté au Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 4 décembre.

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