THÉÂTRE: La vraie nature de Michel Rivard

L’origine de mes espèces, photo: Marc-Étienne Mongrain

Michel Rivard s’installe sur la plus grande scène théâtrale de Montréal, Duceppe, afin de présenter L’origine de mes espèces. Il tournera encore longtemps ce spectacle – lauréat de trois prix de l’ADISQ – où les jeunes de, disons, 18 à 88 ans, peuvent (re)découvrir l’auteur-compositeur-interprète sous une lumière complètement différente.

Jamais à la mode, jamais démodé, chantait Michel Rivard à une autre époque. La maxime s’appliquerait bien à cet homme qui sait tout dire et tout faire sur une scène, mais que les rumeurs sur la ville avaient un peu écarté de l’œil du cyclone.

Peu importe, là, c’est différent. Michel Rivard voulait se montrer sous un autre jour, en restant surtout le fils de ses parents avec L’origine de mes espèces.

« Je suis très content d’avoir pris le pari de briser le moule habituel et de me retrouver plus heureux là-dedans. Je ne pense plus à la radio ou au palmarès. C’est vraiment sur scène que ça se passe. Je suis fier aussi, j’avoue, d’avoir sorti un petit livre avec le CD. Je suis un fan de littérature et de poésie. J’en suis là. Ça m’étonnerait de retourner dans le moule habituel avec un CD et un show de chansons. »

L’artiste a exploré durant toute sa carrière là d’où il vient. Que ce soit dans les chansons de Beau Dommage ou ses plus récentes. Mais, cette fois, « c’est l’origine de l’origine », dit-il.

« Dans les chansons d’avant, ça restait anecdotique même s’il y avait une réelle nostalgie. C’était une gravure d’époque. La mort de ma mère il y a cinq ans a tout changé pour moi. Je conservais plein de choses, sans les raconter, parce qu’elle était toujours vivante. »

À cette femme fragile, il n’a jamais osé poser LA question à savoir si son père, le comédien Robert Rivard, était bel et bien le sien. S’il ne s’agissait pas plutôt d’un prénommé Jean… tel que l’avait laissé entendre la deuxième femme de M. Rivard, disparu en 1989.

Rivard et fils

Poussé par sa copine Ève Déziel, le petit Rivard a reconnu avoir une matière sensible et propice à faire un show différent, plus théâtral, de des autres pendant les 40 dernières années.

« Mes parents m’ont vraiment aimé même si c’était un couple qui ne dégageait aucun amour ni complicité. Mon père est devenu mon héros, notamment, quand il s’est sorti de son alcoolisme. Le sujet me permettait de parler de cette époque où les unions n’auraient peut-être pas dû avoir lieu, même si elles ont eu lieu. »

Toute la mélancolie de sa mère lui est revenu lors de sa disparition. Ce qui lui faisait croire que que cette femme cachait certaines choses.

« J’ai eu des révélations foudroyantes un an à peine avant la première du spectacle. J’ai continué à écrire et je me suis lancé dans une enquête qui m’a amené à passer des tests d’ADN. J’ai fini d’écrire en octobre 2018 au moment où je suis devenu l’interprète du spectacle. »

Une sorte de théâtre documentaire poétique, moins sociopolitique que J’aime Hydro, par exemple, « et avec des chansons », ajoute-t-il. Chaque soir, il dit revivre des émotions qui viennent de loin, « mais c’est quand même un professionnel du spectacle qui donne le show ».

Claude Poissant

Claude Poissant, qui lui avait demandé de remplacer Marc Labrèche dans la reprise de la pièce Art de Yasmina Reza il y a quelques années a accepté de le diriger à nouveau sur scène. Avec Alexia Bürger à la dramaturgie.

« J’ai vu plusieurs mises en scène de Claude et je lui faisais confiance pour ma petite histoire. Il a été formidable. Et Alexia, aussi, a été très importante. Elle avait les ciseaux et les papiers collants de la pièce en sachant me dire que tel bout était trop long et qu’il fallait couper. Ça nous a donné un show qui, contre toutes attentes, a du succès. »

Trois Félix ont d’ailleurs honoré le spectacle: la mise en scène de Claude Poissant, le texte et le spectacle comme tel pour son auteur. Une belle réussite pour une démarche empreinte d’humilité.

« Je prends tout ça au jour le jour. J’ai un sentiment de gratitude . Je vois les gens se déplacer pour que je leur raconte ma petite histoire. L’équipe est extraordinaire. »

Michel Rivard est accompagné sur scène par un musicien à tout faire, Vincent Legault, dans des éclairages de Martin Labrecque et et la conception vidéo de Marcella Grimaux. Le spectacle repartira en tournée pendant encore une année complète.

« J’espère que ça va durer les temps que j’écrive autre chose », conclut l’heureux troubadour.

L’origine de mes espèces est présenté du 28 novembre au 7 décembre chez Duceppe. Chaque jour de représentation à 14h, des billets de dernière minute seront mis en vente pour le soir même.

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