
Reprendre vie et s’élever au rythme des corps vivants. Voilà le message simple, mais puissant, que nous présente la compagnie australienne Gravity and Other Myths avec The Pulse, spectacle d’ouverture du 14e festival Montréal complètement cirque à la TOHU.
The Pulse ne devait être présenté qu’une seule fois en 2021 au sortir de la crise pandémique en Australie. L’excellence du spectacle, incluant son message d’espoir empreint de spiritualité, a fait en sorte qu’il fait le tour du monde et vient d’arriver à Montréal.
Cette qualité tient à la symbiose de plusieurs éléments, dont plusieurs aspects novateurs en art circassien. Le premier procède de la fusion entre les magnifiques voix d’un chœur formé de 36 chanteuses, le Orfeo Català Girls Choir de Barcelone, et des 24 acrobates de Gravity and Other Myths. D’une grande précision, la mise en scène de Darcy Grant fait se coordonner presque à la perfection acrobaties et chants afin de créer des images évocatrices et souvent émouvantes.
Le contexte reste celui de la fin de la pandémie et la représentation commence d’ailleurs par des amoncellements de corps qui tentent difficilement de se relever. Tout au long du spectacle, les acrobates grimpent et chutent et les voix du chœur nous entraînent dans leurs efforts.
Spectaculaires banquines, main-à-main, portés, roulades, culbutes, colonnes à deux, trois et même quatre se succèdent au cours de la représentation avec un souci constant d’originalité dans les figures proposées. Les images créées vont du pont traversé (avant et après la pandémie ?) à une sculpture humaine en forme de cathédrale, accompagnée d’un Magnificat interprété par le chœur.

Flottement
Il y a bien quelques moments de flottement dans le spectacle dont la durée avoisine les 80 minutes, question de permettre aux acrobates de reprendre leur souffle. Mais encore, des éclairages époustouflants ; de l’humour aussi lorsque des acrobates s’amusent à marcher sur le ventre et le dos de leurs collègues étendus au sol ; sans oublier l’exquise beauté des voix, dont celle de la cheffe de chœur et soliste Buia Rexach.
La spécialité de la compagnie Gravity and Other Myths demeure évidemment de nous faire croire, par les nombreuses envolées de ses artistes, que l’humanité peut toujours s’élever plus haut. Dans ce cas particulier, The Pulse nous fait prendre le pouls de créateurs et créatrices qui partagent avec le public leur joie de se retrouver, de s’entraider et de, malgré les chutes pandémiques, de se relever encore et toujours.
Une dernière chose. La venue sur la scène montréalaise de ces 60 artistes est rendue possible par la contribution financière, importante il va sans dire, des gouvernements australiens et catalans.
Message lancé, donc, à nos instances politiques provinciales et fédérales qui brillaient par leur absence hier, au contraire du tout Montréal municipal culturel, en faveur d’un appui similaire au budget de fonctionnement de nos troupes de cirque, théâtre et danse, qui ont besoin de tourner ici et ailleurs. Dont acte.

The Pulse est présenté dans le cadre du 14e Festival Montréal complètement cirque du 6 au 8 juillet à la TOHU.
