Catégorie : Critique

LITTÉRATURE: L'ombre du loup

L’un des meilleurs romans de 2019 est aussi l’un des plus actuels. Tristement. L’apparition du chevreuil d’Élise Turcotte décrit avec style la peur des uns faces aux menaces des autres. L’autrice a écrit un suspense sur la résilience et le courage qui s’opposent à la violence aveugle des carnassiers. Un manuel de survie pour les proies vivant dans l’ombre du loup.

Théâtre: Mayday Médée

À la Licorne, Marilyn Castonguay éblouit dans le rôle d’une mère éplorée sous la direction attentive de Denis Bernard. Le metteur en scène a raison de souligner l’importance de la pièce du Britannique Dennis Kelly, Les filles et les garçons, qui nous arrive dans un contexte où la terrifiante et inacceptable violence des hommes doit être analysée profondément afin d’être éradiquée.

THÉÂTRE: Quand Shakespeare rencontre David Lynch

Chattermarks, photo : Cabal Theatre

Si Game of Thrones était présenté au temps du théâtre élizabéthain, qu’on y ajoutait des idées du roman d’Emily Brontë, Les hauts de Hurlevent et le cycle musical de Schubert, Winterreise, le tout émergeant d’un esprit à la David Lynch, ça pourrait donner Chattermarks. Que voilà un ovni théâtral intéressant!

THÉÂTRE: Dépossédés

François Grisé dans Tout inclus, photos: Lino Cipresso

À La Licorne, Annabel Soutar et Porte-parole démontrent encore une fois qu’ils conduisent la locomotive du théâtre documentaire québécois avec Tout inclus. Le texte joué et interprété par François Grisé résulte d’un séjour que l’artiste a fait en résidence privée pour aînés. Une expérience à la fois ardue et éclairante, laissant entrevoir la triste dépossession vécue par les personnes âgées lors de l’ultime étape de leur existence.

Théâtre: Le plaisir infini d’apprendre

La société des poètes disparus de Tom Schulman, traduit par Maryse Warda, mise en scène par Sébastien David, a été présentée au théâtre Denise-Pelletier du 20 mars au 26 avril dernier.

La société des poètes disparus, crédit photos: Gunther Gamper

Cinq minutes après le début de la pièce La société des poètes disparus, on a oublié le film réalisé par Peter Weir en 1989 et mettant en vedette l’inénarrable Robin Williams. L’adaptation théâtrale se tient bien droite, toute seule, grâce à une belle réussite de groupe : mise en scène, interprétation et scénographie.

LITTÉRATURE: Camera obscura

Premier roman malheureusement passé inaperçu l’automne dernier, Les chambres obscures de Jean-François Villeneuve publié par Lévesque Éditeur, mérite l’attention. Ce récit filial parle avec justesse de la recherche de la vérité dans un monde où elle s’avère de plus en plus floue et, en filigrane, de la vie des exilés volontaires ou non, des apatrides, des réfugiés, au moment où l’on préfère détourner le regard de leur sort.