Robert Morin, pphoto:

Robert Morin nous fait son cinéma avec ses Scénarios refusés, recueil publié par Somme toute. Ce ne sont pas des romans ou même des novellas, souligne-t-il, mais leur lecture est néanmoins passionnante. Dans ces trois récits, on retrouve l’imaginaire sans tabous ni préjugés du réalisateur de Yes sir madame!, des personnages tragiques et des descriptions ultra-précises. C’est une démarche tout à fait libre à laquelle s’adonne le cinéaste, une écriture qu’aucune production cinématographique ne pourra altérer. Ces non-films sont d’excellents Morin.

Le poids des fourmis, photo: Yanick Macdonald

La pièce Le poids des fourmis de David Paquet, mise en scène par Philippe Cyr, est finaliste dans trois catégories aux Prix de la critique pour la saison 2019-2020. Quatre autres pièces sont finalistes dans deux catégories : Becoming Chelsea de Sébastien Harrisson, mise en scène d’Éric Jean ; Les filles et les garçons de Dennis Kelly, traduite par Fanny Britt et mise en scène de Denis Bernard ; Fleuve de Sylvie Drapeau, mise en scène de Angela Konrad ; Sang de Lars Norén, traduite par René Zahnd, mise en scène de Brigitte Haentjens.

Louise Cardinal, Luc Bourgeois, Mélanie St-Laurent et Sébastien Gauthier dans Nous nous sommes tant aimés, photos: François Larivière

L’amitié a tenu ensemble le merveilleux groupe responsable du Petit Théâtre du Nord. Le voilà bien installé dans sa nouvelle salle – une ancienne église – de Boisbriand, interprétant une création de Simon Boulerice, Nous nous sommes tant aimés, mise en scène par Charles Dauphinais. Les copains d’abord, chantait Brassens, mais ce n’est pas parce qu’on rit que c’est toujours drôle, comme le suggère l’auteur de ce texte doux-amer.

Dans cet essai sur les hommes libres, Bois-Brûlés, Half Breeds du nord-ouest du Québec, Guillaume Marcotte s’intéresse à ce qui pouvait bien les caractériser et fonder leur identité. Cette recherche prend un relief assez intéressant, dans un contexte où le statut de Métis ne semble pouvoir être attribué à personne au Québec, convaincus que tous sont que, si c’est là une réalité tangible pour les habitants des Prairies, personne ici ne peut revendiquer ce titre. Après avoir lu De freemen à Métis, l’histoire retrouvée des gens libres entre la Baie-James et Montréal, il faudra peut-être réexaminer tout cela.

Brigitte Saint-Aubin dans Design intérieur, photos: Le petit russe

Chez Duceppe jusqu’au 20 juin, Brigitte Saint-Aubin refait son Design intérieur. Comme plusieurs d’entre nous en temps de crise, en raison d’un deuil ou d’une pandémie. Les moments charnières nous remettent souvent en question. Ainsi parlait Andromaque de Racine : «Où suis-je? Qu’ai-je fait? Que dois-je faire encore? Quel transport me saisit? Quel chagrin me dévore?»

Anne-Marie Olivier, Marie-Louise Bibish Mumbu et Étienne Lou.

Le festival du Jamais Lu célébrera ses 20 ans, 500 artistes et 1000 mains du 19 au 28 août cette année. Pour épauler Marcelle Dubois et son adjointe artistique Fanny Brossard-Charbonneau à la programmation, un trio éclectique: Anne-Marie Olivier, Marie-Louise Bibish Mumbu et Étienne Lou.

La découverte de nouvelles voix en poésie prouve hors de toute fiction raisonnable que ce genre littéraire reste vigoureux et attrayant pour les plus jeunes prenant la plume. En toutes lettres vous présente et vous fait entendre le mots de Michael Gouveia, publié par les Éditions L’Interligne. Entrevue avec un jeune écrivain prometteur.

Ève Pressault, Étienne Lou, Alexis Martin et Dominique Pétin dans Le virus et la proie, photo: Jérôme Battaglia

En avoir ou pas, du pouvoir ? Le virus et la proie de Pierre Lefebvre est un texte coup de poing qui aborde toutes les formes de pouvoir. En long et en large, du plus grand au plus petit. Cette dénonciation de la violence et des injustices est disponible en webdiffusion ou en salle les 6, 9 et 10 juin au FTA dans une mise en lecture de Benoît Vermeulen.

Marco Poulin, Charles Bender et Joanie Guérin dans L’enclos de Wabush, photos de la pièce : Marlène Gélineau-Payette

Bienvenue à Kitchike, réserve du Sud du Québec où le beau Pierre Wabush se démène avec ses démons réels et/ou imaginaires. La pièce Dans l’enclos de Wabush de l’auteur wendat Louis-Karl Picard-Sioui décortique la psyché autochtone dans tous ses replis avec un humour grinçant. Filmée en avril dernier au théâtre Espace Libre, elle est maintenant disponible en webdiffusion.

Stop! Malgré la fin prochaine de la publication de nouveaux recueils à L’Écrou, la poésie québécoise continue d’essaimer dans les marges. Plusieurs petits et micro éditeurs ont vu le jour au cours des dernières années, permettant à la relève de trouver maison à ses mots. Pas de vagues est probablement le plus étonnant de ces souteneurs du verbe. Éliot B. Lafrenière fabrique à la main les plus beaux écrins poétiques qui soient.

Le recueil de Martine Audet La société des cendres suivi de Des lames entières reçoit le Prix littéraire du Gouverneur général 2020 en poésie. La qualité de la littérature des femmes est mise en évidence encore une fois cette année puisque les récompenses du meilleur roman et du meilleur essai vont respectivement à Sophie Létourneau (Chasse à l’homme) et Frédérique Bernier (Hantises).

Alep, portait d’une absence, photos: Pierre Yves Massot

Programmée l’an dernier puis reportée à cette année, la pièce Alep, portrait d’une absence reste l’un des projets les plus attendus au FTA. Entre 2012 et 2016, la guerre civile a fait plus de 20 000 morts dans la deuxième ville de Syrie. Devant un spectateur à la fois, le spectacle « reconstruit » en quelque sorte Alep à l’aide des témoignages de 10 survivants qui ont fui le conflit. En toutes lettres s’est entretenu avec le dramaturge Mohammad Al Attar.

Nicole Brossard, photo: Denyse Coutu

Le 22e Festival de la poésie de Montréal commence aujourd’hui et se déroulera jusqu’au 6 juin avec la participation d’une cinquantaine de poètes lors d’une quinzaine d’événements inédits en ligne. La poésie des femmes y occupera une place importante. Entre nos mains est le thème cette année et ce qui s’y trouve depuis quelques mois est la fabuleuse Anthologie de la poésie actuelle des femmes au Québec 2000|2020 (préparée par Vanessa Bell et Catherine Cormier-Larose. En toutes lettres s’est entretenu de la poésie au féminin avec Nicole Brossard, coautrice de l’Anthologie de la poésie des femmes du Québec, des origines à nos jours.

  Jessica Houston, Letters to the Future – Antarctica, 3019 
Archival Digital Print 48 x 72“ (122 x 183 cms) 

L’exposition Letter to the Future | Lettre au futur de Jessica Houston, présentée chez Occurence, représente un témoignage engagée de l’artiste en faveur de la planète. Défiant le temps, il s’agit d’un geste artistique guidé par la science et l’engagement au service de la survie de l’humanité.

Dans le cadre des activités de la Biennale CINARS 2021 se tenait, le 27 mai, la conférence Les trois Amériques, là où naissent et circulent nos rêves avec quatre intervenant·e·s autochtones du monde des arts et de la culture. En toutes lettres s’est entretenu avec deux des participant·e·s de cette scène des plus dynamiques : André Dudemaine et Conchi León .

Marie Brassard dans Violence, photos: Marlène Gélineau-Payette

Le 15e Festival TransAmériques commence aujourd’hui à Montréal avec 26 spectacles en salles, en extérieur et en ligne. Après un report d’une année, Marie Brassard y présente, enfin, Violence du 27 mai au 2 juin. Un solo où elle ne sera pas tout à fait seule sur scène grâce aux merveilles de la technologie.

Presque 20 ans après Soudain le Minotaure qui l’a révélée aux yeux du public, neuf ans après son plus récent Griffintown qui explorait un quartier et ses époques, Marie-Hélène Poitras revient avec un récit aux allures de conte pour adulte. Le roman est une pure fantaisie qui tire son origine d’un poème anglais consacré à la recherche du bonheur dans la vie. Au masculin, c’est aussi un terme qui en réfère à ce que l’on désire. Lit-on le récit que l’on trouve ironique la préséance de ce vocable au féminin. Ironique et, au regard de la finale de l’histoire, un peu pervers!

Du théâtre en réalité virtuelle ! La novatrice compagnie de Catherine Bourgeois, Joe Jack et John, s’est lancée dans une création numérique inclusive et immersive intitulée Violette. Cette expérience de RV dure 25 minutes et nous fait rencontrer une jeune femme dans sa chambre où elle nous parle d’une expérience qui l’a marquée profondément. À Espace libre jusqu’au 30 mai.

Se dissoudre, photos: Mathieu Verreault

Se dissoudre, titre de la nouvelle pièce de Catherine Gaudet, ne signifie pas « disparaître ». En chimie, comme en danse pourrait-on dire, la dissolution est une « mise en solution ». Le soluté est cette substance s’incorporant à la nouvelle solution, ce qui lui donne sa différence et son caractère essentiel. À l’Agora de la danse du 11 au 15 mai.

Olivier Morin, Guillaume Tremblay et Navet confit

Après 10 ans, les trois astrologues du Théâtre du Futur croient encore un peu beaucoup passionnément en l’avenir. Toujours in jamais out, ils soufflent les chandelles d’un gâteau virtuel avec La colère des doux du 7 au 30 mai. Olivier Morin, Guillaume Tremblay et Navet confit ont transposé leur carte du ciel sur celle d’un Québec éclaté. Comme quoi le Futur parle du temps présent.

Audrey Talbot dans Corps titan, photos: Valérie Remise

Les petites et grandes frustrations de la dernière année au travail, à l’école et à la maison ne sont rien si l’on compare ces peccadilles à la vie d’Audrey Talbot depuis 2013. L’actrice raconte l’accident qui a failli lui coûter la vie, alors, ainsi que le long et pénible chemin qui l’a menée sur scène, aujourd’hui. Corps Titan (titre de survie) est un récit de résilience au-delà des clichés et, même, de la fiction. Au Centre du Théâtre d’aujourd’hui jusqu’à dimanche et, en supplémentaires, les 14 et 15 mai.

Deux universitaires occupent le temps de la pandémie pour échanger entre eux. L’un, Michel Biron, est l’auteur de l’Histoire de la littérature québécoise et de La Conscience du désert. L’autre, David Bélanger, aussi directeur de rédaction d’XYZ. La revue de la nouvelle, a publié Il s’est écarté. Enquête sur le mort de François Paradis. Ils appartiennent à deux générations différentes et c’est sur le front de cette appartenance et d’allégeances qui se heurtent un peu, qui se mécomprennent un peu, qu’ils choisissent cet entretien par lettres.

Dans le nuage, Hugo B. Lefort

La 15e édition du Festival TransAmériques prend l’allure d’une immense bouée de sauvetage devant le raz-de-marée qui menace, depuis un an, d’emporter les arts vivants. Beaucoup de danse, durement affectée par les annulations pandémiques, et surtout des créatrices et créateurs d’ici, étant donné les voyages restreints. Le FTA répond au nécessaire face aux dangers.

Le Conseil des arts de Montréal lance Nos indispensables, un événement visant à souligner le travail des artistes durant la crise sanitaire. Le 22 juin prochain, le CAM remettra cinq prix pour célébrer les initiatives inspirantes d’artistes, de collectifs et d’organismes artistiques montréalais qui ont été prises durant la pandémie jusqu’ici.

Késia Demers, Gabriel L’Archevêque et Antoine Pelletier dans Mourir tendre, photos: Daniel-Julien Inacio

S’il est un spectacle à voir en ce moment, c’est Mourir tendre présenté au Théâtre Prospero jusqu’au 1er mai. Cette version ultra-moderne et énergique d’un texte empruntant autant à Shakespeare qu’à la tragédie grecque trace une voie originale pour les écritures poétiques que d’autres peuvent concevoir comme dépassées ou, encore pire, ennuyantes.

Les ados méritent l’admiration depuis un an. Elles et ils ont renoncé à beaucoup de leurs activités sociales pendant la crise sanitaire tout en suivant leurs cours à distance. Le scriptarium 2021 du Théâtre Le Clou leur donne l’occasion de se lâcher lousse. On y découvre la langue de jeunes gens articulés, engagés, dont l’humour prend le dessus sur les frustrations. On peut entendre leurs textes jusqu’au 23 juin dans une œuvre radio fictive dirigée par Benoît Vermeulen.

Julien Boily est un artiste de la région du Saguenay-Lac Saint-Jean. Il a été le premier lauréat du prix d’Artagnan-02 remis par le centre Bang en 2016, bourse qui  permet à un artiste d’être mis à l’avant-plan et soutenu dans sa démarche de création par différents organismes du milieu qui lui permettront de rayonner. Son galeriste est la Galerie 3 à Québec. La présente publication, Julien Boily : de la nature morte à l’image numérique, est une première pour lui, mais fait partie des nombreux ouvrages édités par le Centre Sagamie d’Alma.

Depuis 10 ans maintenant, les Rencontres de la photographie en Gaspésie (ex-Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie) organisent leur série d’expositions le long du littoral, en des lieux souvent (mais pas toujours!) extérieurs et quelque peu distants. De Petite-Vallée à Miguasha et même au-delà, du Golfe à la Baie-des-Chaleurs, ces lieux sont nombreux et forment un itinéraire qui épouse la forme même de la péninsule! À voir et à lire dans une publication des Éditions Escuminac.

Carole Lévesque, Centre-Ouest, 2018. Encre sur papier, 76 x 152 cm

Hors de tout sensationnalisme ou de confessions impressionnistes, voici un très beau projet qui réunit 27 auteur·e·s et artistes visuels autour des effets du confinement causé par la crise pandémique. C’est un espace de réflexion et de création qu’ouvrent aujourd’hui sur le web Chantal Ringuet et Jean-François Vallée avec Le Novendécaméron. Le recueil numérique en pièces détachées est inauguré par nulle autre que Nicole Brossard.

Joseph Mallord William Turner, Épave sur mer démontée, vers 1840-1845. Huile sur toile, 92.1 x 122.6 cm, © Tate Londres 2017

Le Musée national des beaux-arts de Québec présente Turner et le sublime jusqu’au 2 mai. L’exposition comprend 75 peintures et œuvres sur papier, dont Lumière et couleur – La théorie de Goethe (1843), couvrant les 50 ans de carrière de l’artiste anglais Joseph Mallord William Turner (1775-1851), maître du mouvement romantique et précurseur de l’impressionnisme. Le peintre a toujours su se mettre au service des émotions qu’on peut ressentir face aux forces de la nature, comme nous décrit Sylvain Campeau.

Kaie Kellough vit à Montréal depuis plus de 20 ans. Il a publié un roman, Accordéon, et trois recueils de poésie, dont le plus récent, Magnetic Equator, lui a valu le prestigieux prix Griffin. Publiée sous le titre Dominoes at the Crossroads, la version originale de Petits Marronnages, est finaliste au Grand Prix du livre de Montréal et a fait partie de la première sélection du prix Giller. Un recueil brillant.

Sous la direction de Sophie-Anne Landry et de Mattia Scarpulla, l’anthologie Épidermes, publiée chez Tête première, fait tomber les masques de la narration. Le corps des textes des 14 autrices·teurs relève du mélange des genres. Autofiction, récit classique, poésie. Devrait-on parler de littérature non-binaire quand on voit l’hybridité envelopper plusieurs façons d’écrire aujourd’hui ? Les corps humains se transforment, les livres aussi.

Sylvie Laliberté est une artiste devenue écrivaine. Lorsqu’elle se tourne vers le récit, en 2007, elle a déjà une bonne feuille de route. Performances, photographies, dessins, spectacles et chansons, elle a traversé bien des médiums et des genres en sachant conserver le cap l’amenant à développer un univers singulier. Entre tous ces modes artistiques, elle a tenu le coup, comme une équilibriste sur un fil qu’elle s’est plu à garder ténu. Publié chez Somme toute, J’ai montré toutes mes pattes blanches je n’en ai plus est son cinquième récit.

Simon Brault, directeur du Conseil des arts du Canada, Louise Lantagne, présidente de la SODEC, Vanessa Kanga, fondatrice du Festival Afropolitain nomade et Natasha Kanapé-Fontaine, artiste, photomontage: CORIM

Les artistes de la relève risquent d’écoper davantage de l’engorgement qui suivra l’actuelle pandémie en raison d’un recours probable aux valeurs sûres et aux artistes établis par les différents diffuseurs d’arts vivants, ici et ailleurs.

Un grand livre. Percutant, bouleversant. De ceux qu’on peut lire et relire en y cueillant de nouvelles vérités à chaque fois. Un livre sur le ici et maintenant. Il procède d’une hybridité des genres littéraires pour mieux englober son sujet vaste comme un trou noir. Ce qui n’est pas Rien du tout, malgré l’humilité du titre, paru chez Mémoire d’encrier. Un trou noir peut aspirer l’univers entier, concentré ici dans une superbe plume. Olivia Tapiero nous éblouit avec ce livre où interviennent le récit, l’essai et la poésie.

Drew Hayden Taylor, photo: courtoisie Éditions David et Drew Hayden Taylor

Nous terminons cette semaine dédiée à la parole autochtone avec Drew Hayden Taylor, l’un des artistes des Premières Nations les plus en vue au Canada. Dramaturge, romancier, humoriste, scénariste, il écrit aussi régulièrement des chroniques dans le quotidien Globe and Mail sur des sujets d’actualité. Les Éditions David ont récemment publié son roman Le rôdeur de nuit (The Night Wanderer. A Native Gothic Novel) et Prise de parole, Le baiser de Nanabush (Motorcycles and Sweetgrass), tous les deux traduits par Eva Lavergne. Nous lui avons parlé en décembre depuis sa résidence située dans la communauté anishinabe de Curve Lake en Ontario.

À En toutes lettres, on ne saurait parler de littérature autochtone sans rendre hommage à quelques poètes des Premiers peuples. Des signatures diverses se déployant entre la grandeur du territoire et l’infini de l’intime, en passant par des paroles plus engagées, anthropologiques ou philosophiques, en français ou traduites de l’anglais, de l’ilnu, du wendat et de l’inuktitut. Voici une sélection préparée dans le but de célébrer notre deuxième anniversaire.

Ce recueil de textes tombe à point! Les événements récents ont très certainement rendu le public plus curieux de ceux-là qui vivent pas loin de nous et sur ce territoire depuis plus longtemps que nous. Il est seulement triste de constater qu’il a fallu un drame pour que l’écoute se fasse plus grande. Après le spectacle Waskapitan, voici d’autres témoignages de ce qu’expérimentent et espèrent des artistes visuels autochtones.

Ce roman paru à la fin de 2019 s’avère un antidote aux déchirements inhérents à la question de l’appropriation culturelle. Marie-Pier Poulin a vécu une bonne partie de sa vie chez les Inuits et les Cris. Elle a écrit un livre tout en nuances et en équilibre au sujet d’un jeune homme qui retourne chez lui 25 ans après avoir vécu en ville, chez les Blancs. L’expérience du Nord de la néo-romancière lui permet de pouvoir comprendre en s’éloignant des clichés et des préjugés.

L’histoire dépend de qui l’écrit! Gilles Bibeau, anthropologue et professeur émérite à l’Université de Montréal, le sent certainement très bien. Comme il sait aussi que la nôtre comporte sa part de taches aveugles et de lapsus idéologiques. Il relève ainsi le pari d’en présenter une version, dans Les Autochtones. La part effacée du Québec, chez Mémoire d’encrier, où il réexamine les événements selon une perspective légèrement différente.