Les futurs ont de l’avenir et tous paraissent possibles si l’on pense aux crises qui se succèdent. Dans le recueil de nouvelles Futurs, sous la direction de Mathieu Villeneuve, lui et neuf autres écrivain.e.s ont imaginé ce qui pourrait survenir dans notre planète à la dérive demain, après-demain et plus loin encore. La revue LQ nous propose, de son côté, un autre excellent numéro intitulé Dystopies- Rêveries acides. Puis, nous porterons notre regard sur un maître du fantastique québécois, Alain Gagnon (1947-2017), qui a laissé derrière lui une œuvre importante quoique malheureusement méconnue.

La télédiffusion de la messe québécoise officiée par la Sante-Flanelle reprendra bientôt. Mieux vaut en rire comme Hugo Beauchemin-Lachapelle dans La surface de jeu. À En toutes lettres, notre credo favorise davantage d’autres formes artistiques de « patinage », mais justement, le Mario-Lemieux, bonjour de Michèle-Nicole Provencher ne parle pas de gouret, mais d’un spécialiste de la gouge et du maillet. Dans les deux cas, l’humour est au rendez-vous. En ce début de 2021, une année qu’on souhaite différente, voici deux publications de La Mèche.

Le roman de Dominique Fortier, Les villes de papier, récent lauréat du Prix Renaudot de l’essai, connaît une vie parallèle grâce à un magnifique audiolivre narré par l’auteure en compagnie de la comédienne Marianne Marceau dans un écrin musical de Patrick Ouellet. Roman ici, essai en France, publié par Grasset. Le terme autofiction peut aussi convenir tellement le filtre subtil et nuancé, mais omniprésent de l’écrivaine québécoise, s’impose dans ce livre hybride, publié chez Alto.

Pour marquer les 12 derniers mois d’un adjectif autre que « pandémiques », nous retenons encore une fois 25 livres « remarquables ». Des nouveaux recueils de poésie qui ne sont ni des rééditions ni des traductions. L’important reste ce que font les mots, au-delà des drames et des deuils. Ces mots nécessaires, ces vers qui inspirent et propulsent ailleurs. Là où nous rêvons d’être.

Tous les beaux livres coûtent très chers. Faux. En mini-format, ils sont plutôt abordables. La maison française L’Atelier des noyers vient de publier Roses de Louise Dupré / Anouk Van Renterghem, L’heure violette de Denise Desautels / Erika Povilonyté et Cœur d’orange de Diane Régimbald / Christine Brioul. Alliées à trois artistes européennes, les poètes québécoises se retrouvent dans de beaux écrins qui peuvent composer ensemble un cadeau de Noel idéal pour les amateurs.trices d’arts visuels et de littérature.

À tort ou à raison, pour le meilleur ou pour le pire, pour parler vrai ou parler gros, la grande division idéologique gauche-droite reste au centre des débats portant sur les idéaux entourant l’évolution de notre société et de nos politiques. Dans Brève histoire de la gauche politique au Québec, François Saillant aborde la petite histoire de l’une de ces deux branches idéologiques, celle de la gauche politique québécoise de 1880 jusqu’à la percée électorale de Québec Solidaire en 2018.

Partir. C’est difficile pour celles et ceux qui restent ou qui n’ont nulle part où aller. Surtout en ce moment. Mais personne n’est malheureux de voir l’année 2020 partir enfin. Plusieurs sortes de départs sont évoqués par Christian Lemieux-Fournier dans les 23 micro-récits qui composent son recueil paru cette année aux Éditions Sémaphore. Autant de façons de dire que partir peut faire douleur ou faire joie, même si ce mouvement est l’inéluctabilité même.

La vie des théâtres se poursuit. En coulisses, sur scène, en salle de répétition, notamment, mais sans spectateurs. Depuis trois ans, le Quat’sous rejoint le public d’une autre façon avec ses agoras. La vision du directeur artistique Olivier Kemeid passe par un théâtre citoyen. Encore plus en temps de pandémie. Trois nouvelles balados sont disponibles, mettant en vedette Evelyne de la Chenelière, Webster et une autre avec Marie-Thérèse Fortin, dès jeudi.

Ce que le jour doit à la nuit, photo: Nathalie Sternalski. 

Danse Danse présente Ce que le jour doit à la nuit d’Hervé Koubi, une chorégraphie avec 12 danseurs algériens et burkinabé. La révélation tardive de ses origines a mené le chorégraphe français aux sources de sa propre histoire, en Algérie, pays de ses ancêtres. S’inspirant du roman éponyme de l’auteur algérien Yasmina Khadra, Koubi communique à ses danseurs, ses « frères retrouvés », ce moment magique où ce que l’on sait abstraitement s’incarne physiquement.