THÉÂTRE: Création du Prix Jovette-Marchessault pour les femmes en théâtre

Sur la photo : Mayi-Eder Inchauspé, directrice de l’administration et des ressources humaines d’ESPACE GO, Micheline Chevrier, directrice artistique et générale d’Imago Théâtre, Nathalie Maillé, directrice générale du Conseil des arts de Montréal, Marie-Ève Milot, codirectrice artistique du Théâtre de l’Affamée et représentante des F.E.T., Ginette Noiseux, directrice générale et artistique d’ESPACE GO, Elkahna Talbi, autrice, poétesse, artiste de spoken word et comédienne, membre des F.E.T.

(Photo Caroline Laberge)

Sept mois après la tenue du Chantier féministe sur la place des femmes au théâtre organisé par Espace GO, le comité de direction de l’événement met de l’avant neuf recommandations pour atteindre la parité femmes-hommes au théâtre. En outre, Espace GO et le Conseil des arts de Montréal, en collaboration avec Imago Théâtre, Le Théâtre de l’Affamée et les Femmes pour l’équité en théâtre (F.E.T.) annoncent la création du Prix Jovette-Marchessault doté d’une bourse de 20 000 $

Le Chantier féministe sur la place des femmes en théâtre donne déjà des fruits. Le comité directeur de l’événement, tenu du 8 au 13 avril dernier à Espace GO, recommande, notamment, la création d’outils statistiques sur le genre et la parité femmes-hommes au théâtre, ainsi que la redistribution du financement public en tentant compte de quotas paritaires.

En conférence de presse, des représentantes du Chantier ont dit croire que « le temps des justifications est révolu et que tout est prêt » pour envisager la parité au théâtre québécois. Parmi leurs autres recommandations, on note la création de comités-conseils féministes au sein des divers Conseils des art et, l’imposition de quotas sur le genre et la parité dans les écoles de théâtre.

« Dans les écoles de formation, les femmes sont majoritaires à rencontrer les normes des concours, mais on ne les retrouve pas ensuite dans le milieu, d’expliquer la directrice d’Espace GO, Ginette Noiseux. Si, dans les écoles, les critères et les références sont masculines, c’est ce qu’on va aussi retrouver dans le métier. On ne veut pas que les femmes soient financées parce qu’elles sont des femmes, mais, parce qu’elles sont des femmes, elles sont moins financées. Il faut donner des moyens aux femmes ».

Elle souligne également que les compagnies de théâtre à créatrices sont d’ailleurs « plus pauvres que pauvres » et qu’un rattrapage historique en financement sera nécessaire pour leur permettre de s’imposer dans un milieu théâtral où les femmes étaient responsables de seulement 37 % des textes et de 33 % des mises en scène en 2017-2108 et 2018-2019.

« On a vu avec les réalisatrices équitables que les quotas fonctionnent, poursuit Mme Noiseux. Les quotas existent déjà dans notre société, mais étonnamment, c’est toujours en faveur des gars. »

La représentante des F.E.T. au comité de direction, la metteuse en scène-autrice-comédienne Marie-Ève Milot souligne que l’absence de statistiques pendant dix années en théâtre ont contribué à faire perdre de vue l’enjeu de la parité femmes-hommes au théâtre.

« On est tannées qu’il y ait des fractures, c’est blessant, avoue-t-elle. Malgré les volontés politique des femmes et hommes au pouvoir, il faut s’assurer que ça va s’inscrire dans la durée. Ce n’est pas une affaire d’un an ou de quatre ans. C’est le travail d’une vie. »

Se sentant interpellée par le sujet de a place des femmes au théâtre, la directrice du TNM, Lorraine Pintal a indiqué que le travail du Chantier féministe était déjà responsable d’avancées dans le domaine, selon elle, même s’il reste du travail à faire.

« À l’époque où on montait Jovette Marchessault sur nos scènes, il y avait de l’espérance. Le chantier nous ramène à l’ordre et nous dit qu’il faut réfléchir à nouveau. Moi, ça m’a fait réfléchir, tout comme le comité artistique et le conseil d’administration. Nos programmations reflètent de plus en plus, je l’espère, l’écriture et les mises en scènes des femmes. Les choses vont s’améliorer petit à petit. »

Prix Jovette-Marchessault

Parmi les recommandations du Chantier féministe, les femmes demandent une réforme des prix déjà existants, c’est-à-dire introduire l’alternance des lauréat.e.s pendant un temps et le révision de la nomenclature des prix.

Mais déjà l’an prochain, le Prix Jovette-Marchessault, incluant une bourse de 20 000 $ du CAM, sera remis à une metteuse en scène.

La directrice du Conseil des arts de Montréal, Nathalie Maillé en a fait l’annonce en ajoutant qu’il était essentiel que les femmes « continuent de se mobiliser et de passer à l’action ». Les mises en candidatures seront ouvertes le 21 novembre et le Prix de la mise en scène, remis au printemps. Les conceptrices et les autrices seront récompensées les années suivantes.

D’ici là, le comité de direction du Chantier féministe met sur pied l’idée de « sentinelles » qui verront à donner suite au recommandations des femmes en théâtre.

« Le nerf de la guerre ce sont les statistiques, le nerf de la paix c’est le financement », de conclure Ginette Noiseux.

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