DANSE: La question des fleurs déjoue la distanciation

La question des fleurs, photo: Bobby León

En réaction au marasme culturel ambiant et pour trouver une ruse face au manque de contact humain, l’Agence Mickaël Spinnhirny mise sur une création collective à distance, La question des fleurs.

Quatre chorégraphes créent sur les corps des interprètes créateurs Daphnée Laurendeau et Danny Morissette, amants dans la vie. Contactés séparément, à bien plus de deux mètres de distance, Mickaël Spinnhirny et la chorégraphe Dominique Porte racontent le cheminement de ce projet qui souffle l’espoir sur la danse et les arts vivants.

Connaissez-vous l’Agence Mickaël Spinnhirny ? Le public est encore peu familier avec le nom de l‘ancien interprète diplômé de l’École supérieure de ballet du Québec, qui pousse pourtant nombre de nos créatrices et créateurs de danse contemporaine québécoise sous les projecteurs des scènes internationales.

Mickaël Spinnhirny a mis à profit la pause forcée par la pandémie pour faciliter la rencontre des univers chorégraphiques complémentaires, mais distincts de quatre de ses protégés, donnant sa première impulsion au projet La question des fleurs. L’énergie brute d’Andrea Peña, l’écriture sensible de Christophe Garcia, la pensée organique hyper articulée d’Ismaël Mouaraki et le graphisme fantasque de Dominique Porte se sont donc rencontrés puis attelés à la genèse de cette création collective à distance – les chorégraphes devenant du même coup coproducteurs du spectacle La question des fleurs.

Jouer la distanciation

Récipiendaire 2019 de la bourse mi-carrière du Studio du Québec à Paris, Dominique Porte a séjourné six mois à la Cité internationale des arts avant de s’envoler pour Bangalore, en Inde où elle enseigne régulièrement. Mais la pandémie a contraint le retour puis le confinement de la voyageuse en France.

L’interprète créatrice des solos à succès JE et Hors JE  explique que, ce qui l‘a d’abord charmée dans La question des fleurs, c’est que le projet émanait de l’Agence.

« Et sur le plan humain, le choix des interprètes s’est imposé comme une évidence, car entre Daphnée Laurendeau et Mickaël Spinnhirny, qui a longtemps dansé pour la compagnie Cas Public, il y a une longue histoire d’amitié », développe la chorégraphe. 

Formule souple

Pour la vente des billets de La question des fleurs, l’Agence Mickaël Spinnhirny propose aux diffuseurs une promesse d’engagement qui n’est pas coulée dans le béton, sans pénalité en cas de report, plutôt qu’un contrat rigide avec les frais attenants qui les alourdissent systématiquement.

La formule séduit puisque deux partenaires de diffusion, et non des moindres – l’Agora et la Salle Pauline Julien – sont déjà annoncés. « Cette proposition souple est parfaitement adaptée aux temps troubles que nous traversons, avance Mickaël Spinnhirny, contacté à Montréal. Il faut accorder une meilleure écoute aux besoins des diffuseurs; des assouplissements sont nécessaires. « Cette période a été très difficile pour l’ensemble du milieu, il faut que nous nous serions les coudes ».

Dans La question des fleurs, il y a un vrai désir de faire rayonner les artistes et leur travail mais aussi de trouver des pistes pour dissiper les incertitudes qui entourent les déplacements internationaux des prochains mois.

La question des fleurs, photo: Bobby León

Le spectacles’adresse tant au Québec qu’à l’international : « Nous avons opté pour les duos, des petites formes qui offrent une grande flexibilité, en permettant d’adapter la jauge des salles et génèrent moins de risques financiers pour les diffuseurs » explique Mickaël Spinnhirny. La question des fleurs est une proposition de relance de haut niveau, conçue pour la scène et elle sera prête dès que les diffuseurs obtiendront le signal tant attendu pour rouvrir les salles et les scènes.

Une grande première pour tous

Cette notion de création à distance a entraîné une nouvelle approche et de nouvelles opportunités de dialogues. « Dès les premiers échanges, tous les créateurs ont fait preuve de beaucoup d’ouverture » apprécie Mickaël Spinnhirny. En créant ensemble, ce sont finalement des opportunités de partage qui s’ouvrent aux quatre chorégraphes. À quatre, ils trouvent des réponses aux questions qu’un chorégraphe seul se pose sans fin.

« Ce que nous sommes parvenus à faire en trois semaines peut nous prendre jusqu’à un an en temps normal; ce projet a été une expérience aussi créative qu’humaine, une véritable catharsis pour toute l’équipe qui laisse envisager un futur plein de possibilités », ajoute Mickaël Spinnhirny . 

La question des fleurs plait à l’intuitive Dominique Porte, qui aime ruer dans les barrières et se méfier de ses zones de confort : « En dépit de la distance, de nos différences, il y a un désir de porosité entre les chorégraphes participants et les corps vifs et virtuoses des interprètes désignés ».

Entre les quatre chorégraphes règne un indéniable cousinage, une manière de physicalité et une grande écoute.

« C’est hyper rafraîchissant et prometteur, car le seul qui avait osé questionner, jusqu’ici, la primauté des chorégraphes et instituer un volet interprètes, c’était Daniel Soulières, l’ancien directeur artistique, général et fondateur de la compagnie Danse-Cité et membre fondateur du R. Q. D», conclut Dominique Porte avec un sourire dans la voix.

En quels termes parler de La question des fleurs pour bien expliquer la démarche? La troupe ne néglige aucun aspect de cette nouvelle communication et y trouve bien des avantages. Le public peut d’ailleurs suivre l’évolution du journal de création en ligne, sur un site dédié régulièrement mis à jour. Le chorégraphe Ismaël Mouaraki y a déposét récemment la vidéo de sa première répétition avec les interprètes Daphnée Laurendeau et Danny Morissette, au Parc Lafond.

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