DANSE: Quand l’habit fait le moine… et le Père Noël!

Une chorégraphie sans « chorégraphe » ni « danseurs ». Dousse nuit, holey night d’Audrée Lewka et Les Lewski fait partie de ces performances à la frontière des disciplines. Après Poneyboyz présenté au OFFTA en mai dernier, Audrée Lewka propose une autre courte pièce inspirée de la fête du petit Jésus et du gros barbu, Dousse nuit, holey night. En musique et en costumes.

Audrée Lewka et Les Lewski c’est une histoire d’amitié qui a commencé à l’École supérieure de théâtre de l’UQAM. Oui, de théâtre. Audrée Lewka y a étudié la scénographie et travaille surtout, depuis, avec des compagnies de danse. Aussi archéologue de formation, elle aime faire tomber les murs en quelque sorte. Ils feront bien des ruines un jour!

Mais auparavant, pourquoi pas la danse, s’est-elle donc dit avec ses collègues de l’UQAM, Guillaume Danielewski et David Emmanuel Jauniaux. Ils ont créé Poneyboyz [sur la figure mythique du centaure] en mai au OFFTA et Tangente présente maintenant leur Dousse nuit, holey [dans le sens d’ouverture] night au Wilder.

« En sortant de l’UQAM, je savais que le texte ne me parlait pas autant comme élément déclencheur, avoue Audrée Lewka. Je suis partie de ce que je connaissais, le corps et la plasticité. J’aime les décors, mais aussi les accessoires et les costumes. »

C’est ce qui mène la danse, carrément, chez elle avec ses Lewski. Le corps en mouvement et la performance. Le costume inspirant et le costume mémoire, aussi.

« C’est une position intéressante: le monde de théâtre qui vient en danse. Ça nous donne une grande liberté puisqu’on est moins tenus de respecter certains trucs, certains codes. »

La réception du monde de la danse a été formidable. « Je me suis sentie vraiment accueillie. Plusieurs m’ont dit que ça leur faisait du bien de voir des artistes utiliser des procédés comiques, entre autres. On ne sera jamais des danseurs et on ne cherche pas la virtuosité. On propose autre chose, on est un peu comme une bibitte. »

« Pour moi, ça parle autant le costume, ajoute-t-elle. J’avais envie de faire quelque chose et je suis tombée sur le programme Danses Buissonières de Tangente. »

Tangente défricheur et dénicheur de talents sans ornière appuie les projets les plus novateurs en danse depuis près de 40 ans. Pour Audrée Lewka c’était une occasion de rêve.

Décloisonnement

Les jeunes décloisonnent. Particulièrement les finissants de l’UQAM. On l’a bien vu avec Cédric Delorme-Bouchard et Claire Renaud qui réalisent des spectacles transcendant leur spécialité respective. Une archéologue/scénographe qui s’intéresse à l’étude de la culture matérielle a donc toute sa place en danse.

« On crée des objets, on interagit avec eux, et je crois qu’ils nous influencent aussi. Les costumes transforment les interprètes. », fait Audrée Lewka

On croirait entendre l’acteur qui dit sentir son personnage quand il entre dans son costume la première fois. Dousse nuit, holey night est un work in progress qui se revêt de Noël, de ses personnages, costumes et accessoires.

« On se fait un récit/paysage dans notre tête. Il y a un début et une fin avec des tableaux entre les deux. On va voir plein d’objets: une dinde, un sapin, une marionnette de Père Noël. Il y a quelque chose de nostalgique et de mythique là-dedans. Le mouvement vient de là. C’est une écriture de plateau qui se fait dans le mouvement. »

Le groupe a pu compter sur une répétitrice qui est chorégraphe et interprète, Emmalie Ruest, pour les aider à développer et à pousser plus loin les mouvements des interprètes.

« On a cherché ce qui est troublant pour nous dans Noël. Cette nuit qui ne finit jamais, cette solitude des personnages et des objets qui ont une vie intérieure, mais qui sont délaissés après la fête. Un peu comme dans le film Histoire de jouets. Notre enfance nous a marqués et ça revient dans le show. »

Démarche intuitive

Cette démarche intuitive et collective est néanmoins sous la direction de la maître d’oeuvre qu e reste Audrée Lewka. « C’est moi qui ai la meilleure job », fait-elle en riant.

La musique est l’affaire d’Olivier Landry-Gagnon qui joue en direct sur scène. En travaillant, la chorégraphe s’est rendue compte que les spectateurs s’identifiaient beaucoup à ce qu’ils entendent autant qu’à ce qu’ils voient.

« Il y a de l’improvisation de son côté, mais la fin, on a décidé de bouger sur la pièce Lonely This Christmas du groupe The Growlers. Olivier va vraiment chercher la nostalgie qui teinte tout le spectacle. »

Le caractère commercial de la fête n’a pas échappé aux trio de créateurs et fait partie du récit, mais c’est la vie des objets qui les intéressait davantage. Audrée Lewka ne voulait pas tomber dans l’anecdotique non plus, ce qui pourrait arriver quand on traite d’objets dont la symbolique est forte.

« C’est autant l’intériorité des objets que des interprètes qui nous intéressent. On a voulu que chaque interprète soit confronté à lui-même, dans le processus de création, face à la thématique de Noël. »

En première partie de ce programme double, Tangente présente Marie Mougeolle et sa chorégraphie Quand je serai grande, je serai (guitariste de) Michael Jackson. La chorégraphe/interprète explore dans ce solo le caractère ambigu du roi de la pop, quelque part entre l’idole réelle et le monstre présumé.

Dousse nuit, holey night et Quand je serai grande, je serai (guitariste de) Michael Jackson sont présentés du 24 au 27 octobre à l’édifice Wilder. Il y aura discussion avec les artistes après la représentation du 25 octobre.

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