VOIX DE POÈTES: Annie Landreville

Annie Landreville, photo : Sébastien Raboin

Dans ce deuxième épisode de la série de lectures de poésie d’En toutes lettres, voici Annie Landreville.

Récipiendaire du prix Geneviève-Amyot pour un texte inédit intitulé Sur la pointe des arbres, Annie Landreville aime écrire en écoutant de la musique ou en s’imprégnant d’art visuel.

« J’ai beaucoup écrit en résonance avec la musique de jazz et la danse contemporaine dans le passé. Je fais aussi des écritures muséales en m’asseyant dans des galeries ou des musées. Il y a un échange très inspirant qui s’établit avec les œuvres que j’ai en face de moi. »

Le poème qu’elle nous lit a été inspiré par le travail de Robert Roussil lors d’une présentation de ses œuvres à Québec en 2019. L’exposition La liberté de l’imagination, réalisée par le Musée du Bas-Saint-Laurent de Rivière-du-Loup, aurait été présentée à Montréal et Shawinigan n’eût été de la crise actuelle.

Annie Landreville, Regarder le temps dans le geste d’aimer – Hommage à Robert Roussil

Annie Landreville a étudié en littérature et travaillé à Radio-Canada pendant 18 ans. Elle a publié Partitions aux éditions d’Orphée en 1993 et deux titres en 2019: Date de péremption (Éditions de la Grenouillère) qui a reçu le prix Jovette-Bernier au Salon du livre de Rimouski et le Traité de poésie à l’usage des malades modernes, tiré de son projet de Prescriptions poétiques aux éditions Fond’tonne.

« J’ai commencé ce projet en 2016 pour amener la poésie là où elle ne va pas d’habitude. J’étais invitée au colloque « L’art et la ville » à Rimouski. Je devais présenter ma poésie à des fonctionnaires municipaux sur l’heure de dîner et j’avais eu l’idée ludique d’interpréter une apothicaire qui prescrit des poèmes personnalisés aux gens. Ce sont des consultations privées en public. »

En raison de la maladie grave dont est victime son amoureux, sa maisonnée de Rimouski était déjà en confinement depuis le mois de janvier. La routine installée n’empêche pas, toutefois, la poète d’être inquiète face à l’après-COVID.

« Je ne suis pas super optimiste de nature. Dans le premier texte écrit pour Date de péremption, je remettais en question ma foi en l’humanité. Je crois en certains humains, mais je manque de confiance en l’avenir. »

Lorsqu’elle a mis fin à son travail à Radio-Canada en 2014, elle dit avoir écrit l’équivalent de quatre ou cinq recueils de poésie en deux ans, en plus d’un spectacle de poèmes avec Laurence Veilleux. Elle continue d’ailleurs de mener plusieurs projets de front.

« J’ai un projet d’écriture muséale en lien avec la géopoétique. Ça fait des années que j’écris en m’installant devant L’Hommage à Rosa Luxembourg de Riopelle su Musée national des beaux-arts du Québec. Ils l’ont changé d’espace et mon écriture a changé aussi. C’est le cas de mon texte qui m’a valu le prix Geneviève-Amyot. Ensuite, je retravaille les textes à la maison. »

Ses deux autres projets poétiques portent sur la mort et le deuil, ainsi que sur la sexualité.

« Date de péremption est un peu un OVNI dans ma production littéraire. En quittant Radio-Canada, j’avais besoin de sortir de la neutralité journalistique et d’écrire au « nous », mais je suis plus dans une poésie introspective. On m’a déjà dit que j’écrivais une poésie humorale, c’est-à-dire ce qui concerne les liquides du corps. Il y a de l’âpreté dans ce que j’écris en ce moment. J’aime le mot juste et peser là où ça fait mal. »

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