Catégorie : Littérature

Phénomena: Transmettre la joie

D. Kimm et son équipe ont préparé le 8e festival Phénomena avec toute l’énergie et la joie qu’on leur connaît. La fête commencera avec la parade Phénoménale ce samedi, se poursuivra la semaine prochaine en théâtre avec les spectacles préparés par Stéphane Crête, Julie Vincent et Jacqueline Van de Geer, avant la présentation des fameux cabarets phénoménaux du 18 au 25 octobre.

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LITTÉRATURE: Les Prix du GG 3.0

La liste des finalistes aux Prix littéraires du Gouverneur-Général a quelque chose de réjouissant cette année. La moyenne d’âge des finalistes francophones dans les catégories roman-poésie-théâtre-essai ne dépasse pas 45 ans et 15, vous avez bien lu, 15 des 20 finalistes dans ces domaines sont des femmes. Les lauréat.e.s seront connu.e.s le 29 octobre.

LITTÉRATURE: Les androïdes rêvent de moutons électriques

Christian Lapointe lit un texte de l’autrice française Pascale Petit, Le parfum du jour est fraise, dans le cadre d’une performance immersive sous le dôme de la Société des arts technologiques. Un spectacle subjuguant, volontairement rébarbatif par moments, et drolatique à d’autres. Un ovni littéraire qui donne raison à l’auteur de science-fiction Philip K. Dick: oui, les androïdes rêvent de moutons électriques.

En clôture du Festival international de littérature, la voix de Christian Lapointe lisant le texte Le parfum du jour est fraise, de la Française Pascale Petit, fait penser à celle d’un androïde. Plus ou moins machine, plus ou moins humain. Une voix distorsionnée pour ajouter aux effets surréels d’un texte qui crée un jeu où les spectateurs sont les cobayes.

Le génie du texte est de nous faire croire à notre liberté de parole et de pensée, alors qu’il s’agit d’un étau régulateur et manipulateur qui se referme sur les auditeurs. Tablant sur un discours allant de la psycopop à la publicité en passant par des imprécations religieuses ou pseudo-philosophiques, le texte se moque de nos perceptions.

On peut y déceler une certaine logique par endroit, mais il nous glisse, plus loin, entre les oreilles comme verbiage répétitif et insensé. Entre le trop-plein et le vide absolu. Pour cette raison, il peut déranger, voire enrager. Mais sa construction en spirale fait apparaître également son côté ludique, même comique.

Le magicien qu’est Christian Lapointe fait le reste. Ses intonations et son débit nous font slalomer habilement entre la réalité et le surréel. Les projections à 360 degrés et les effets sonores ajoutent une couche fantasmagorique à l’ensemble.

Nous avons affaire à une entité androïde tel que décrite dans le roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques? de Philip K. Dick. Transposé au cinéma, le livre a inspiré l’un des chefs d’oeuvre de science-fiction, Blade Runner, du réalisateur Ridley Scott. Dans le film, le terme « réplicant » est utilisé, quelque chose qui se rapproche davantage d’un clone humain.

Robot ou clone, dans tous les cas, les spectateurs sont les moutons, encouragés à entrer dans le jeu, à suivre les règles et à ne pas dépasser les limites. Le texte-machination incite à la soumission ou encore à la fabrication de notre consentement (terme cher à Noam Chomsky pour décrire les médias de masse).

Pascale Petit nous démontre comment le moindre mot, la plus petite phrase peuvent être utilisés dans une logique de manipulation du lecteur/spectateur. Avec le mantra « Vous allez avoir à construire un village. La moitié droite est la moitié droite du village, la moitié gauche la moitié gauche du village, l’entrée est en face de vous, la sortie est à l’opposé », l’autrice crée un vacuum linguistique qui nous aspire et nous étourdit. Fascinant.

C’est un message très fort à l’époque ou la banalisation des mots et du langage permettent aux usurpateurs et aux omnipotents de toutes sortes de nous faire manger de la vache enragée et de nous inciter à tondre des moutons électriques.

Rêvez, rêvez, qu’ils disaient, on s’occupe de tout, on s’occupe de vous!

Le spectacle Le parfum du jour est fraise, incluant l’enregistrement de la lecture par Christian Lapointe, est présenté à la SAT du 8 au 12 octobre.

LITTÉRATURE: Des autrices et auteurs réclament une rétribution équitable

Une Déclaration des autrices et auteurs contre le travail gratuit circule sur le web depuis quelques jours. À la suite d’une prise de position de Marie Darsigny (Trente) sur Facebook à propos d’un travail d’écriture non rémunéré, Pierre-Luc Landry (Les corps extraterrestres) et Lucia Carballo (Créatures de hasard) ont décidé de prolonger le débat sur une plateforme publique.

LITTÉRATURE: Transcender la peur

La Peuplade poursuit son merveilleux périple dans les contrées du Nord avec Agathe, un livre extrêmement raffiné de la Danoise Anne Cathrine Bomann. Un psychanalyste en toute fin de carrière reçoit, à son corps défendant, une nouvelle patiente, Agathe, une femme au bout de son rouleau. Entre deux personnes qui n’attendent plus rien de la vie, l’inattendu peut alors survenir.

LITTÉRATURE: Futur antérieur

C’est une sorte de roman d’horreur que livre Cécile Wajsbrot avec Destruction. Pas dans le sens gore du terme, mais en ce qu’il décrit le monde sans pitié que devient le nôtre. Notre présent est le passé de ce récit où l’on ne ne jure que par le futur. Pour être heureux, la mémoire et les souvenirs doivent être effacés!

THÉÂTRE: Le pire des bonheurs, selon Guillaume Corbeil

Le meilleur des mondes, photo: Gunther Gamper

Le Théâtre Denise-Pelletier ouvre sa saison avec Le meilleur des mondes, une pièce de Guillaume Corbeil d’après le célèbre roman roman d’Aldous Huxley. Le metteur en scène Frédéric Blanchette a travaillé avec six interprètes de haut calibre (Ariane Castellanos, Benoît Drouin-Germain, Mohsen El Gharbi, Kathleen Fortin, Simon Lacroix et Macha Limonchik) pour rendre cette compte du pire des bonheurs qui soit, celui qu’on impose à tout prix. Entretien avec un auteur choyé.

Robert Lalonde, délinquant sur la route du paradis

L’état avec Robert Lalonde et Louise Laprade. Photos: La rubrique

Artiste intense, Robert Lalonde joue et écrit. On peut le lire chez Boréal dans un récit très personnel sur la création artistique, Fais ta guerre, fais ta joie, et le voir sur scène à Fred-Barry, dans L’état un texte politique de Norman Canac-Marquis offert en pleine campagne électorale. Dans les deux cas, l’artiste délinquant – qui a perdu sa maison et tout ce qu’elle contenait dans un incendie – trouve les moyens de se retrousser les manches pour cheminer vers le paradis.

LITTÉRATURE: Nelly Forever

Le premier roman de Karine Rosso construit un fort beau dialogue littéraire avec Nelly Arcan. À mille lieues de perceptions masculinistes aberrantes ou des préjugés populaires, l’autrice entremêle sa propre histoire à celle de la grande écrivaine disparue il y a 10 ans. Malgré quelques bémols, l’audace et l’originalité de cette démarche sont admirables.

LITTÉRATURE: La pomme d’Adam

Adam a la pomme, c’est-à-dire qu’il est l’élu d’une femme, son épouse, qui lui a donné pas seulement une, mais deux chances dans la vie. Malgré la maladie, il a la pêche aussi, il est le plus fortuné des hommes même s’il l’ignore. La narratrice de Une deuxième chance pour Adam, elle, a presque tout d’une sainte. Entre la chance et le courage, le très beau roman de Felicia Mihali nous apprend l’amour conscient.