Le Mois de la poésie 2021 sera 100 % virtuel. Aussi bien dire qu’il peut être vu et entendu partout dans le monde. Et bientôt sur la planète Mars! C’est une image bien entendu, mais rien n’arrête l’innovation poétique, encore moins une crise pandémique. Du 1er au 31 mars, ce sont 140 artistes, du Québec, de l’Acadie et de la Belgique, qui participeront aux 54 performances du 14e Mois orchestré par Vanessa Bell et Juliette Bernatchez.

Rosalie Lessard, photo: Béatrice Vézina-Bouchard

Voir une œuvre poétique naître, grandir, se déployer, voire exploser relève du bonheur chez un lecteur. Après avoir remporté le prix Émile-Nelligan et celui de l’Académie des lettres pour L’observatoire en 2016, Rosalie Lessard confirme son regard unique avec son quatrième recueil, Les îles Phœnix. Elle témoigne de ce qu’elle voit pour reprendre le beau titre d’Élise Turcotte, rendant compte ici de la vie de femmes extraordinaires.

Le roman de Dominique Fortier, Les villes de papier, récent lauréat du Prix Renaudot de l’essai, connaît une vie parallèle grâce à un magnifique audiolivre narré par l’auteure en compagnie de la comédienne Marianne Marceau dans un écrin musical de Patrick Ouellet. Roman ici, essai en France, publié par Grasset. Le terme autofiction peut aussi convenir tellement le filtre subtil et nuancé, mais omniprésent de l’écrivaine québécoise, s’impose dans ce livre hybride, publié chez Alto.

Pour marquer les 12 derniers mois d’un adjectif autre que « pandémiques », nous retenons encore une fois 25 livres « remarquables ». Des nouveaux recueils de poésie qui ne sont ni des rééditions ni des traductions. L’important reste ce que font les mots, au-delà des drames et des deuils. Ces mots nécessaires, ces vers qui inspirent et propulsent ailleurs. Là où nous rêvons d’être.

Tous les beaux livres coûtent très chers. Faux. En mini-format, ils sont plutôt abordables. La maison française L’Atelier des noyers vient de publier Roses de Louise Dupré / Anouk Van Renterghem, L’heure violette de Denise Desautels / Erika Povilonyté et Cœur d’orange de Diane Régimbald / Christine Brioul. Alliées à trois artistes européennes, les poètes québécoises se retrouvent dans de beaux écrins qui peuvent composer ensemble un cadeau de Noel idéal pour les amateurs.trices d’arts visuels et de littérature.

Photo de l’exposition Au nom de la matière. Le musée imaginaire de Louise Warren, photo: Paul Litherland

La poète-essayiste Louise Warren a toujours été fascinée par les arts visuels. Dans les recueils de poésie, les essais et les livres d’artiste, sa pratique d’écriture dialogue constamment avec des œuvres au diapason de sa quête de sensations et d’intensité. Elle a prolongé cette démarche personnelle au sein d’une exposition Au nom de la matière. Le musée imaginaire de Louise Warren, prévue, avant le reconfinement, du 15 août 2020 au 10 janvier 2021 au Musée d’art de Joliette.

Poète des contrastes, des idées, situations ou sentiments qui s’entrechoquent souvent dans un même vers, Anne-Marie Desmeules a franchi avec Nature morte au couteau une étape l’amenant vers une écriture plus ample, démontrant un souffle nouveau, cherchant l’équilibre. Un style prometteur aux yeux de la poète elle-même qui est désormais publiée au Quartanier.