Le Noroît est une forêt mature qui compte des centaines d’arbres-poètes publié.e.s en 50 ans. Une forêt diversifiée, comportant autant d’essences de plantes ligneuses terrestres indigènes qu’exogènes avec plusieurs branches. La cinéaste et photographe Monique Leblanc s’y est promenée pendant quelques années dans le but de célébrer la maison d’édition. Elle a planté un arboretum, J’écris peuplier, c’est-à-dire un très beau livre illustré avec soin et pertinence. En dialogue avec les textes de 25 femmes et de 25 hommes ayant publié au Noroît, surtout depuis les années 80.

Sous la direction de Sophie-Anne Landry et de Mattia Scarpulla, l’anthologie Épidermes, publiée chez Tête première, fait tomber les masques de la narration. Le corps des textes des 14 autrices·teurs relève du mélange des genres. Autofiction, récit classique, poésie. Devrait-on parler de littérature non-binaire quand on voit l’hybridité envelopper plusieurs façons d’écrire aujourd’hui ? Les corps humains se transforment, les livres aussi.

Un grand livre. Percutant, bouleversant. De ceux qu’on peut lire et relire en y cueillant de nouvelles vérités à chaque fois. Un livre sur le ici et maintenant. Il procède d’une hybridité des genres littéraires pour mieux englober son sujet vaste comme un trou noir. Ce qui n’est pas Rien du tout, malgré l’humilité du titre, paru chez Mémoire d’encrier. Un trou noir peut aspirer l’univers entier, concentré ici dans une superbe plume. Olivia Tapiero nous éblouit avec ce livre où interviennent le récit, l’essai et la poésie.

À En toutes lettres, on ne saurait parler de littérature autochtone sans rendre hommage à quelques poètes des Premiers peuples. Des signatures diverses se déployant entre la grandeur du territoire et l’infini de l’intime, en passant par des paroles plus engagées, anthropologiques ou philosophiques, en français ou traduites de l’anglais, de l’ilnu, du wendat et de l’inuktitut. Voici une sélection préparée dans le but de célébrer notre deuxième anniversaire.

Le Mois de la poésie 2021 sera 100 % virtuel. Aussi bien dire qu’il peut être vu et entendu partout dans le monde. Et bientôt sur la planète Mars! C’est une image bien entendu, mais rien n’arrête l’innovation poétique, encore moins une crise pandémique. Du 1er au 31 mars, ce sont 140 artistes, du Québec, de l’Acadie et de la Belgique, qui participeront aux 54 performances du 14e Mois orchestré par Vanessa Bell et Juliette Bernatchez.

Rosalie Lessard, photo: Béatrice Vézina-Bouchard

Voir une œuvre poétique naître, grandir, se déployer, voire exploser relève du bonheur chez un lecteur. Après avoir remporté le prix Émile-Nelligan et celui de l’Académie des lettres pour L’observatoire en 2016, Rosalie Lessard confirme son regard unique avec son quatrième recueil, Les îles Phœnix. Elle témoigne de ce qu’elle voit pour reprendre le beau titre d’Élise Turcotte, rendant compte ici de la vie de femmes extraordinaires.

Le roman de Dominique Fortier, Les villes de papier, récent lauréat du Prix Renaudot de l’essai, connaît une vie parallèle grâce à un magnifique audiolivre narré par l’auteure en compagnie de la comédienne Marianne Marceau dans un écrin musical de Patrick Ouellet. Roman ici, essai en France, publié par Grasset. Le terme autofiction peut aussi convenir tellement le filtre subtil et nuancé, mais omniprésent de l’écrivaine québécoise, s’impose dans ce livre hybride, publié chez Alto.

Pour marquer les 12 derniers mois d’un adjectif autre que « pandémiques », nous retenons encore une fois 25 livres « remarquables ». Des nouveaux recueils de poésie qui ne sont ni des rééditions ni des traductions. L’important reste ce que font les mots, au-delà des drames et des deuils. Ces mots nécessaires, ces vers qui inspirent et propulsent ailleurs. Là où nous rêvons d’être.