Auteure de récits, de romans, de recueils de poésie et d’un conte, Laure Morali est aussi connue comme une alliée non seulement, mais aussi fidèle très active de la nation innue. Elle a dirigé, parfois en tandem avec des pairs, des anthologies qui mettent l’accent sur cette réalité culturelle singulière et tentent aussi des rapprochements entre occupants récents et de plus ancienne origine du territoire du Québec.

Le présent essai pourrait s’intituler « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les Autochtones du Canada et aviez peur de demander ». Ce livre a été écrit par une personne qui a une connaissance étendue et personnelle de la situation de ceux-ci, autant par son vécu propre, car elle est Métis, que par sa connaissance du droit. Chelsea Vowel est en effet enseignante de la langue crie à la Faculté des études autochtones de l’Université de l’Alberta, professeure et spécialiste du droit, en plus d’être la cofondatrice de l’organisme Métis in Space Land Trust.

 Martin Désilets, Lieux-monuments 15, Bâle, 2021, impression à jet d’encre sur papier Hahnemühle Photo Rag Baryta montée sur aluminium, 50,8 x 76,2 cm. Photo : Martin Désilets.

Martin Désilets poursuit, au Musée d’art de Joliette, une quête commencée il y a quelque temps déjà. Avec Matière noire, il avait déjà présenté les œuvres résultant d’un semblable protocole de travail à la Galerie Occurrence, en 2019. Il s’agit pour lui d’une saisie effrénée de tableaux de collection, les accumulant tels des strates, s’empilant les une sur les autres, jusqu’à brouiller toute reconnaissance des œuvres photographiées à l’infini. Les tableaux réunis est le titre de sa nouvelle expo.

Jean Paul Riopelle (1923-2002), Point de rencontre – Quintette (polyptyque), 1963, huile sur toile, 428 x 564 cm (5 panneaux). Paris,
Centre national des arts plastiques. © Succession Jean Paul Riopelle / SOCAN (2021). Photo MBAM, Jean-François Brière

Le Musée des Beaux-Arts de Montréal présente, jusqu’à la mi-septembre,  l’exposition Riopelle : À la rencontre des territoires nordiques et des cultures autochtones. Au-delà de cette thématique bien circonscrite, cet événement permet d’admirer 110 œuvres du peintre, issues de la collection du musée et d’une cinquantaine de collections institutionnelles et particulières canadiennes, américaines et françaises. Elle comprend même deux œuvres majeures récemment restaurées. C’est dire combien elle parvient à excéder l’objectif d’abord suggéré par le titre et nous immerger dans l’imaginaire de l’artiste. 

Dans cet essai sur les hommes libres, Bois-Brûlés, Half Breeds du nord-ouest du Québec, Guillaume Marcotte s’intéresse à ce qui pouvait bien les caractériser et fonder leur identité. Cette recherche prend un relief assez intéressant, dans un contexte où le statut de Métis ne semble pouvoir être attribué à personne au Québec, convaincus que tous sont que, si c’est là une réalité tangible pour les habitants des Prairies, personne ici ne peut revendiquer ce titre. Après avoir lu De freemen à Métis, l’histoire retrouvée des gens libres entre la Baie-James et Montréal, il faudra peut-être réexaminer tout cela.

  Jessica Houston, Letters to the Future – Antarctica, 3019 
Archival Digital Print 48 x 72“ (122 x 183 cms) 

L’exposition Letter to the Future | Lettre au futur de Jessica Houston, présentée chez Occurence, représente un témoignage engagée de l’artiste en faveur de la planète. Défiant le temps, il s’agit d’un geste artistique guidé par la science et l’engagement au service de la survie de l’humanité.

Presque 20 ans après Soudain le Minotaure qui l’a révélée aux yeux du public, neuf ans après son plus récent Griffintown qui explorait un quartier et ses époques, Marie-Hélène Poitras revient avec un récit aux allures de conte pour adulte. Le roman est une pure fantaisie qui tire son origine d’un poème anglais consacré à la recherche du bonheur dans la vie. Au masculin, c’est aussi un terme qui en réfère à ce que l’on désire. Lit-on le récit que l’on trouve ironique la préséance de ce vocable au féminin. Ironique et, au regard de la finale de l’histoire, un peu pervers!

Deux universitaires occupent le temps de la pandémie pour échanger entre eux. L’un, Michel Biron, est l’auteur de l’Histoire de la littérature québécoise et de La Conscience du désert. L’autre, David Bélanger, aussi directeur de rédaction d’XYZ. La revue de la nouvelle, a publié Il s’est écarté. Enquête sur le mort de François Paradis. Ils appartiennent à deux générations différentes et c’est sur le front de cette appartenance et d’allégeances qui se heurtent un peu, qui se mécomprennent un peu, qu’ils choisissent cet entretien par lettres.