Marcel Grondin et Moema Viezzer forment un couple. Le premier a été coopérant international et professeur dans de nombreuses universités. Auteur de 11 livres, il s’intéresse à l’histoire des populations indigènes des Amériques dont il parle quelques langues parmi les neuf qu’il connaît. La seconde est une sociologue qui a consacré sa vie à l’éducation populaire, surtout à la cause des femmes et aux questions environnementales. Tous deux vivent à Toleda, au  Paraná, l’un des états du Brésil. C’est à deux qu’ils ont rédigé ce livre, paru originalement en portugais et maintenant additionné d’un chapitre écrit par Nawel Hamidi et Pierrot Ross-Tremblay, pour les besoins de cette édition en français.

L’essai de Francis Dupuis-Déri, Panique à l’université, analyse ce qui se cache derrière les appellations incontrôlées de « woke » et de « wokisme ». L’auteur démonte une à une les stratégies de polémistes qui cherchent à créer un climat de panique sociale propice au maintien d’un statu quo qui les avantagent. Le livre en fait une démonstration des plus éloquentes.

La fureur de ce que je pense, photo: Antoine Raymond

L’Espace Go reprend la pièce La Fureur de ce que je pense sur l’oeuvre de Nelly Arcan, une production de la compagnie Infrarouge, de Marie Brassard. C’est d’ailleurs elle qui en assure la mise en scène depuis une idée de Sophie Cadieux. D’abord créée en 2013, présentée au Japon, avec des interprètes du pays, en Espagne et ailleurs, elle nous revient avec presque la même équipe, composée des comédiennes Sophie Cadieux, Christine Beaulieu, Larissa Corriveau, Evelyne de la Chenelière, Johanne Haberlin, Julie Le Breton et Anne Thériault.

On ne refait pas l’histoire, mais encore faut-il la connaître. L’historien Maurice Séguin a publié en 1968 L’idée d’indépendance au Québec. Ce court, mais important essai, a été réédité en 1977 et le revoici chez Boréal compact. Pourquoi? Et bien, il semble que l’histoire se répète en ce « pays' » du Québec.

Jessica Houston, Over the Edge of the World, vue d’ensemble, photos: Mike Patten

Pour la seconde fois à l’intérieur d’une année et demie, Jessica Houston nous convie dans des lieux aux extrémités de notre monde avec son exposition Over the Edge of the World à Art mûr. Cette exposition évoque les pôles opposés que sont celui du Nord et cet autre, du Sud. Elle nous ramène à l’époque de leur conquête et à ceux qui en furent les explorateurs. Trois références façonnent cette présentation : les figures de Robert Peary, Roald Amundsen et une œuvre de fiction d’une nommée Ursula K. Le Guin.

Émilie Monnet dans Okinum, photo: Antoine Raymond

Émilie Monnet, d’origine anishnaabe et française, nous présente une nouvelle mouture de sa pièce Okinum, offerte une première fois en 2018 et récemment publiée aux éditions Les Herbes rouges. Cette nouvelle version semble faire une quinzaine de minutes de moins que celle du Théâtre d’Aujourd’hui. Elle a sans doute gagné en efficacité, ce faisant. Et en intensité!

Vue de l’exposition Nightlife au mont Pinacle d’Éliane Excoffier. Crédit photo : Laurence Grandbois Bernard. Courtoisie : Adélard, Frelighsburg.

Éliane Excoffier est, depuis quelques années maintenant, résidente de la région de Frelighsburg. Une de ses connaissances, membre de la Fiducie foncière du mont Pinacle, a évoqué avec elle l’idée d’élaborer un projet sur le site préservé sur ce mont. Il n’en fallait pas plus pour que le projet prenne forme et que le Centre Adélard, de plus en plus incontournable dans la région comme dans le monde des arts visuels au Québec, se joigne à l’aventure de Night Life au mont Pinnacle.

Dans tes pas, photo: Victorine Alisse

L’Espoir radical que veulent nourrir les Rencontres de la photographie en Gaspésie, puisque c’est là le thème choisi, peut bien reposer sur des propositions qui se concentrent sur le personnel et l’intime. Nul besoin de ratisser large, parfois. Ce qui préoccupe l’un est d’intérêt pour tous! Ici, deux photographes, Sophie Jodoin et Victorine Alisse, s’attardent à l’horizon familial, de façon différente mais complémentaire. Toutes deux tendent au narratif par la conjonction de l’image et du texte dans cette contribution singulière à l’événement gaspésien.

JJ Levine, Julie allaitant Casper, 2018

Il n’y pas probablement pas de meilleur endroit pour une telle exposition, Photographies queers, que le Musée McCord. En même temps, c’est le plus inattendu des lieux pour une telle initiative! On sait que le musée est propriétaire des archives Notman et qu’on compte en celles-ci un grand nombre de photos dites familiales, montrant, avec les apparats du temps et les postures obligées, les membres de grandes familles bourgeoises d’alors. À l’époque, passer entre les mains de ce photographe émérite et se soumettre à la photographie était une sorte de consécration. Cela contribuait à établir sa prééminence sociale. Les images de famille que propose JJ Levine ne sont pas aussi, apparemment, éminentes! Mais elles participent d’une nécessité plus grande encore et il n’est pas innocent que cela passe par le McCord!