Dans le cadre des activités de la Biennale CINARS 2021 se tenait, le 27 mai, la conférence Les trois Amériques, là où naissent et circulent nos rêves avec quatre intervenant·e·s autochtones du monde des arts et de la culture. En toutes lettres s’est entretenu avec deux des participant·e·s de cette scène des plus dynamiques : André Dudemaine et Conchi León .

Drew Hayden Taylor, photo: courtoisie Éditions David et Drew Hayden Taylor

Nous terminons cette semaine dédiée à la parole autochtone avec Drew Hayden Taylor, l’un des artistes des Premières Nations les plus en vue au Canada. Dramaturge, romancier, humoriste, scénariste, il écrit aussi régulièrement des chroniques dans le quotidien Globe and Mail sur des sujets d’actualité. Les Éditions David ont récemment publié son roman Le rôdeur de nuit (The Night Wanderer. A Native Gothic Novel) et Prise de parole, Le baiser de Nanabush (Motorcycles and Sweetgrass), tous les deux traduits par Eva Lavergne. Nous lui avons parlé en décembre depuis sa résidence située dans la communauté anishinabe de Curve Lake en Ontario.

À En toutes lettres, on ne saurait parler de littérature autochtone sans rendre hommage à quelques poètes des Premiers peuples. Des signatures diverses se déployant entre la grandeur du territoire et l’infini de l’intime, en passant par des paroles plus engagées, anthropologiques ou philosophiques, en français ou traduites de l’anglais, de l’ilnu, du wendat et de l’inuktitut. Voici une sélection préparée dans le but de célébrer notre deuxième anniversaire.

Ce recueil de textes tombe à point! Les événements récents ont très certainement rendu le public plus curieux de ceux-là qui vivent pas loin de nous et sur ce territoire depuis plus longtemps que nous. Il est seulement triste de constater qu’il a fallu un drame pour que l’écoute se fasse plus grande. Après le spectacle Waskapitan, voici d’autres témoignages de ce qu’expérimentent et espèrent des artistes visuels autochtones.

L’histoire dépend de qui l’écrit! Gilles Bibeau, anthropologue et professeur émérite à l’Université de Montréal, le sent certainement très bien. Comme il sait aussi que la nôtre comporte sa part de taches aveugles et de lapsus idéologiques. Il relève ainsi le pari d’en présenter une version, dans Les Autochtones. La part effacée du Québec, chez Mémoire d’encrier, où il réexamine les événements selon une perspective légèrement différente.

Les Éditions Hannenorak ont fêté leur dixième anniversaire en 2020. Situées dans la communauté de Wendake, elles ont été fondées par l’auteur Jean Sioui et le propriétaire de la Librairie Hannenorak, Daniel Sioui. Plus d’une trentaine d’autrices et d’auteurs autochtones et allochtones y sont publié·e·s ou traduit·e·s à partir de leur langue maternelle ou de l’anglais. Tous les genres y sont explorés: essai, poésie, roman, conte, nouvelle, littérature jeunesse. Nous vous suggérons aujourd’hui de poursuivre un voyage dans le temps, entrepris hier avec An Antane Kapesh, pour faire la connaissance de Jules Sioui, un réformiste autochtone tombé dans l’oubli et raconté par son petit-neveu Jocelyn dans Mononk Jules, publié récemment chez Hannenorak.

Pour célébrer notre deuxième anniversaire, voici le premier de sept textes (critiques, citations et entrevue) portant sur la littérature et les membres des Premières Nations, des livres qui bâtissent des ponts vers une éventuelle réconciliation entre les habitants de ce vaste Kanata. Comme nous faisons les choses autrement à En toutes lettres, nous vous suggérons aujourd’hui de retourner dans le temps afin de souligner l’importance de la grande pionnière innue An Antane Kapesh, rééditée récemment chez Mémoire d’encrier.


Il faut compter An Antane Kapesh au nombre des écrivains qui fondent une littérature, qui établissent des précédents. Écrivains sur les pas desquels d’autres s’empresseront de marcher, heureux/ses de reconnaître que prend forme en eux une ascendance notable. En peu de temps, les deux écrits, peu recensés de l’écrivaine innue dans leur édition originale de la fin des années 1970, ont été réédités par Mémoire d’encrier, à l’initiative de Naomi Fontaine, l’auteure de Kuessipan.

Debouttes, Murale de caroline Monnet, fournie par Espace GO

Que reste-t-il à la culture pendant ce reconfinement? Art public, balado, web, interactivité… Je suis une femme d’octobre d’Espace GO réunit toutes ces activités pour dire qu’encore une fois, de trop!, l’histoire est écrite par des hommes. Pourtant, depuis la Crise d’octobre 70, les femmes n’ont jamais cessé de changer le monde.