La télédiffusion de la messe québécoise officiée par la Sante-Flanelle reprendra bientôt. Mieux vaut en rire comme Hugo Beauchemin-Lachapelle dans La surface de jeu. À En toutes lettres, notre credo favorise davantage d’autres formes artistiques de « patinage », mais justement, le Mario-Lemieux, bonjour de Michèle-Nicole Provencher ne parle pas de gouret, mais d’un spécialiste de la gouge et du maillet. Dans les deux cas, l’humour est au rendez-vous. En ce début de 2021, une année qu’on souhaite différente, voici deux publications de La Mèche.

Valérie Roch-Lefebvre a écrit un premier roman magnifique, Bannie du royaume. Dans un style singulier, l’autrice explore l’intimité de trois générations d’une même famille. Ce n’est pas qui est quoi ou le comment qui importe dans cette belle réussite littéraire, mais le regard et les mots pour le dire, ainsi que l’écoute empathique que porte la romancière aux uns et aux autres.

Le troisième roman de Cassie Bérard, La valeur de l’inconnue, décline la démarche singulière de l’autrice vers des modes narratifs à la fois étranges et exultants. Lire Cassie Bérard relève d’un plaisir intellectuel et littéraire immense. La valeur de l’inconnue parle de notre monde binaire, mais infini, porté par des personnages contradictoires, qui souffrent. C’est un roman dense, philosophique. Une narration extrême. Les yeux félins et la plume précise de Cassie Bérard nous guident dans un jeu dont on ne comprend les règles qu’à la fin, encore que… La romancière se joue, dans le fond, et du chat et de la souris. Entretien fascinant sur les paradoxes de l’écriture et de la lecture dans un univers quantique.