Catégorie : Critique

LITTÉRATURE: Camera obscura

Premier roman malheureusement passé inaperçu l’automne dernier, Les chambres obscures de Jean-François Villeneuve publié par Lévesque Éditeur, mérite l’attention. Ce récit filial parle avec justesse de la recherche de la vérité dans un monde où elle s’avère de plus en plus floue et, en filigrane, de la vie des exilés volontaires ou non, des apatrides, des réfugiés, au moment où l’on préfère détourner le regard de leur sort.

THÉÂTRE: Solène Paré et son équipe remportent le match d’ouverture

Espace Go s’est armé jusqu’aux dents en ce début de saison en présentant Les louves, une pièce mise en scène et interprétée par de jeunes artistes énergiques et affamées. La coach de l’équipe Solène Paré et ses neuf joueuses remportent ce match de la vie où des adolescentes vivent des montagnes russes d’émotions.

Théâtre: J’irai cracher sur vos tombes

Lignes de fuite a été présentée au Théâtre d’aujourd’hui au printemps dernier

Lignes de fuite, toutes les photos sont de Valérie Remise

La troisième pièce de Catherine Chabot, Lignes de fuite, s’avère une suite logique aux deux premières. Il s’agit du portrait percutant d’une génération centrée sur elle-même, en déficit d’espoir et qui ose se moquer de tout élan de compassion ou des éléments les plus nobles du groupe. Effrayant.

ARTS VISUELS: L'odyssée de l'espace

Scène de crime, 2017-2018, Ariane Fruit, linogravure, 215 cm x 285 cm, © Laurent Lafuma, courtoisie du 1700 la Poste

Évitant la cohue des musées à ce moment-ci de l’année, un détour par le 1700 de la Poste apaise amplement la soif d’art visuel. L’exposition Les états limites regroupe les travaux de trois artistes œuvrant en gravure: Guy Langevin, Tracy Templeton et Ariane Fruit. Trois créateurs aux techniques différentes qui savent capter la lumière, les traces et la mémoire dans une sorte d’odyssée de l’espace pictural. Il reste trois semaines pour en profiter.

LITTÉRATURE: Rouge éternel

Le troisième roman d’Annie-Claude Thériault est un moment fort de la rentrée littéraire. Ce livre réussi à tous les points de vue fait bouger, avec adresse, les cordes sensibles de l’air du temps. Il a précédé de peu les chants de l’internationale féministe actuelle. Les Foley, ce sont des femmes qui accostent, survivent et (se) libèrent.

LITTÉRATURE: Les belles bêtes

Valérie Roch-Lefebvre a écrit un premier roman magnifique, Bannie du royaume. Dans un style singulier, l’autrice explore l’intimité de trois générations d’une même famille. Ce n’est pas qui est quoi ou le comment qui importe dans cette belle réussite littéraire, mais le regard et les mots pour le dire, ainsi que l’écoute empathique que porte la romancière aux uns et aux autres.

THÉÂTRE: Le déclin de l’Amérique

Disparu.e.s, photos: Caroline Laberge

Au-delà du rire, beaucoup de sortes de rires en fait, la pièce Disparu.e.s porte véritablement sur la disparition de la famille. On peut y lire également la désintégration d’une société cynique composée d’individus mesquins et profondément malheureux. Ce n’est pas parce qu’on rit que c’est drôle, sait-on, et René Richard Cyr l’a bien compris en administrant, avec ce spectacle captivant, une superbe taloche à la face de l’hypocrisie.

THÉÂTRE: Manifeste de la jeune femme

Avec Le ravissement, Étienne Lepage et Claude Poissant ont créé un spectacle sans compromis et rare. Cette pièce mystérieuse, exigeante, ravit et cogne, déséquilibre et fait rire. Du théâtre de création comme il s’en fait peu ou plus du tout, a-t-on parfois l’impression. Un spectacle qui ne fait pas de cadeau, mais qu’on est d’autant plus satisfait de recevoir.