Nathalie Doummar et Simon Lacroix dans L’amour est un dumpling, photos: Danny Taillon

Retrouver le plaisir de rire au théâtre sans que cela ne rime qu’avec le verbe divertir. L’amour est un dumpling est une production pertinente sur le temps présent et futur de nos relations amoureuses. Les espoirs, les fantasmes, les regrets aussi, suscités par ce verbe aimer qu’on conjugue tant bien que mal. Aussi bien en rire, sans doute.

Les solos au théâtre révèlent le vrai talent des interprètes. Tout le monde au Québec connaît ceux de Guylaine Tremblay. Mais encore faut-il qu’un texte, celui de Steve Gagnon, et une mise en scène, celle d’Édith Patenaude, offrent le bon plateau d’argent à l’éventail des qualités d’une grande comédienne. C’est ce qui arrive avec la pièce Les étés souterrains à La Licorne.

Steve Gagnon, photo: Kelly Jacob

Une rencontre surprenante. Le dramaturge Steve Gagnon, la metteuse en scène Édith Patenaude et la comédienne Guylaine Tremblay. Trois grands artistes de théâtre qui sortent de leur zone habituelle pour créer un solo à propos d’une femme qui s’est émancipée au fil des ans et des amitiés. Une enseignante qui redoute la maladie et la solitude. Forte et fragile à la fois.

C’est un départ ! It’s Lego ! … comme l’amateur francophone de courses de chevaux croyait entendre à Blue Bonnets dans le temps! Jusqu’ici annoncées, il y aura cinq créations et cinq reprises – incluant une traduction – dans les théâtres qui rouvrent leurs portes à partir du 26 mars. Un peu d’air mais, déjà, un sentiment d’engorgement sur les scènes montréalaises.

Covid oblige, le Théâtre de La Manufacture rebrasse les cartes et propose la captation de la comédie satyrique Fairfly, du dramaturge catalan Joan Yago, dans une mise en scène de son compatriote Ricard Soler Mallol, dès demain – dans l’attente impatiente de la réouverture du théâtre et l’espoir de directives moins draconiennes de la Santé publique.

La pièce Cr#%# d’oiseau cave est présentée à La Licorne jusqu’au 25 mai.

Michel-Maxime Legault. Photo: Julie Rivard

Après ses remarquables mises en scène de Centre d’achats (Emmanuelle Jimenez) et Les bâtisseurs d’empire ou le Schmürz (Boris Vian), Michel-Maxime Legault nous offre Cr#%# d’oiseau cave, une traduction de Stupid Fucking Bird de l’américain Aaron Posner. Malgré le titre, dans cette adaptation hallucinée de La mouette de Tchekhov, le metteur en scène s’intéresse, tout comme le célèbre dramaturge russe d’ailleurs, aux multiples soubresauts des relations humaines, y cherchant quelque chose… « de plus doux », comme le dit le texte. Entretien d’une grande franchise avec un artiste fort occupé.

Photo: La Licorne

Amélie Dallaire nous présente La fissure. Cette dernière pièce de la saison à la Petite licorne a été lue l’an dernier au festival Jamais lu. Sa première oeuvre, Queue cerise, remonte à 2016. La fissure explore les replis subconscients de l’âme humaine au sein d’une relation de couple difficile, qu’elle joue avec Mathieu Quesnel. Un huis-clos fort étrange sur l’incommunicabilité dont la dramaturge-metteuse en cène-comédienne nous parle avec passion.