Avec Le ravissement, Étienne Lepage et Claude Poissant ont créé un spectacle sans compromis et rare. Cette pièce mystérieuse, exigeante, ravit et cogne, déséquilibre et fait rire. Du théâtre de création comme il s’en fait peu ou plus du tout, a-t-on parfois l’impression. Un spectacle qui ne fait pas de cadeau, mais qu’on est d’autant plus satisfait de recevoir.

Une chorégraphie sans « chorégraphe » ni « danseurs ». Dousse nuit, holey night d’Audrée Lewka et Les Lewski fait partie de ces performances à la frontière des disciplines. Après Poneyboyz présenté au OFFTA en mai dernier, Audrée Lewka propose une autre courte pièce inspirée de la fête du petit Jésus et du gros barbu, Dousse nuit, holey night. En musique et en costumes.

Disparu.e.s, photo Caroline Laberge

Présentée chez Duceppe, la pièce Disparu.e.s (August: Osage County) met en scène une famille dysfonctionnelle américaine qui aurait pu tout aussi bien être québécoise. La mort du père fait ressortir la vérité se cachant derrière chacun des membres du clan Weston, la mère et des trois sœurs. Marie-Hélène Thibault joue l’aînée, Barbara, qui refuse de disparaître.

Natasha Kanapé Fontaine, photo: Godefroy Mosry

Ce n’est pas un spectacle de théâtre, de slam ou de musique. Ce n’est pas un récital de poésie ni une performance non plus. Mais c’est un peu tout ça que nous offre la magnétique et incandescente Natasha Kanapé Fontaine avec Tshishikushkueu. Inspirée de son recueil Bleuets et abricots, l’artiste nous lance en orbite dans un saisissant espace intersidéral et interdisciplinaire.

Cirque du Soleil

绮幻之境 (Un monde fantastique) ou X: The Land of Fantasy en anglais. C’est le titre de la 45e création originale et nouveau spectacle permanent du Cirque du Soleil présenté à Hangzhou en Chine, dont la première officielle a lieu demain soir. Hugo Bélanger, metteur en scène de la pièce Le bizarre incident du chien pendant la nuit (présentée chez Duceppe l’an dernier et cet été à Saint-Jérôme) est à la barre de cette production gigantesque mettant en vedette une cinquantaine d’artistes. De cirque, mais de la scène aussi, puisqu’il s’agit du spectacle du Cirque « doté de la plus grosse trame narrative de son histoire », estime le metteur en scène québécois.

Pas question de se reposer sur les lauriers d’un 50e anniversaire bien occupé au Centre du Théâtre d’aujourd’hui. Le directeur artistique Sylvain Bélanger a plutôt choisi de se relever les manches en 2019-2020 et de tendre les bras vers la(les) communauté(s) d’un Québec divisé par mille questions plus ou moins existentielles. Le CTDA se demande ce que l’on peut (re)construire et/ou (re)commencer ensemble aujourd’hui. D’ailleurs, des travaux de rénovation repousseront le début de la programmation jusqu’à la mi-novembre.

Sylvain Bélanger, photo: Valérie Remise
Good Boy, photo: Christian Leduc

Après 13 ans, le OFFTA a atteint sa vitesse de croisière. L’assistance aux spectacles s’est maintenue à 92 %, avec plus de deux tiers de représentations à guichets fermés, du 24 mai au 2 juin. La pertinence d’un événement complémentaire au FTA ne fait pas de doute aux yeux du directeur Vincent de Repentigny eu égard aux résultats, mais aussi par rapport au soutien offert aux artistes émergents.

Avec Ce qui se trame, la dramaturge Mélanie Dupont a réalisé 12 entretiens autour du théâtre de Brigitte Haentjens avec de fidèles collaboratrices.teurs de la metteuse en scène et autrice. De splendides photos d’Angelo Barsetti accompagnent ce livre qui offre des pistes intéressantes au sujet de la création théâtrale et dévoile les complicités au cœur du travail et de la pensée de Brigitte Haentjens. Nous lui avons demandé de décrire comment elle voit certaine.e.s de ces créatrices.eurs qui partagent avec elle la même passion pour le théâtre.

photo: Angelo Barsetti