On ne refait pas l’histoire, mais encore faut-il la connaître. L’historien Maurice Séguin a publié en 1968 L’idée d’indépendance au Québec. Ce court, mais important essai, a été réédité en 1977 et le revoici chez Boréal compact. Pourquoi? Et bien, il semble que l’histoire se répète en ce « pays' » du Québec.

Le schisme identitaire est le premier livre d’Étienne-Alexandre Beauregard. L’auteur a été formé à l’Université Laval, étudiant en philosophie et en science politique. Il collabore au débat public par l’entremise d’un blogue portant son nom, comme il le fait aussi dans les pages de L’Action nationale. Il a été attaché politique à l’Assemblée nationale du Québec de mai 2019 à septembre 2020. Sous ce manteau nationaliste, un certain jupon identitaire dépasse de ce premier essai.

Auteure de récits, de romans, de recueils de poésie et d’un conte, Laure Morali est aussi connue comme une alliée non seulement, mais aussi fidèle très active de la nation innue. Elle a dirigé, parfois en tandem avec des pairs, des anthologies qui mettent l’accent sur cette réalité culturelle singulière et tentent aussi des rapprochements entre occupants récents et de plus ancienne origine du territoire du Québec.

Deux universitaires occupent le temps de la pandémie pour échanger entre eux. L’un, Michel Biron, est l’auteur de l’Histoire de la littérature québécoise et de La Conscience du désert. L’autre, David Bélanger, aussi directeur de rédaction d’XYZ. La revue de la nouvelle, a publié Il s’est écarté. Enquête sur le mort de François Paradis. Ils appartiennent à deux générations différentes et c’est sur le front de cette appartenance et d’allégeances qui se heurtent un peu, qui se mécomprennent un peu, qu’ils choisissent cet entretien par lettres.

Kaie Kellough vit à Montréal depuis plus de 20 ans. Il a publié un roman, Accordéon, et trois recueils de poésie, dont le plus récent, Magnetic Equator, lui a valu le prestigieux prix Griffin. Publiée sous le titre Dominoes at the Crossroads, la version originale de Petits Marronnages, est finaliste au Grand Prix du livre de Montréal et a fait partie de la première sélection du prix Giller. Un recueil brillant.

Michael Delisle, poète, romancier et nouvelliste, en est aujourd’hui à son 15e ouvrage. Certains de ceux-ci ont fait l’objet, récemment, de rééditions. En 2019, en plus, un choix de poèmes, présenté par Michaël Trahan, était offert sous le titre de Gisements, aux éditions du Noroît. On n’est donc pas surpris d’éprouver le sentiment que ce dernier opus présente un peu, d’une certaine façon, des airs de bilan.

Le déclin du français à Montréal et, conséquemment, au Québec, est un thème qui revient constamment depuis des lustres. Au-delà des impressions et des intuitions malheureuses, dont il faudrait demander la source à Emmanuella Lambropoulos, le présent livre y va de son constat déprimant et il le fait avec force chiffres et démonstrations fondées. Mais une solution existe tout de même, un bouquet de solutions diverses pour être plus précis, car le recul du français n’a rien d’inéluctable.

La lutte des femmes ne s’arrêtera pas et il n’y aura pas de retour en arrière n’en déplaise aux dinosaures. Le beau roman La fille de la famille de Louise Desjardins, publié par Boréal, nous rappelle le chemin parcouru par la moitié de l’humanité en démontrant, avec l’exemple d’une vie, le caractère irréversible du plus important mouvement social des cent dernières années.

Voici un autre petit livre qu’on peut aisément glisser dans les bagages. Ces 31 courts récits de Gilles Archambault, toujours chez Boréal, sont autant de moments intimes où l’écrivain se livre, comme toujours, avec ce Sourire en coin, avec autodérision et à voix basse pour n’offusquer personne. Et même si l’auteur se cache parfois un peu, son écriture, elle, ne triche pas.