L’exil bénéfique. Marie-Claire Blais a écrit l’essentiel de son oeuvre ailleurs. Loin de ses origines. Comme elle vit depuis longtemps aux États-Unis, ce pays l’a particulièrement inspiré dans l’écriture de sa série de 10 romans remarquables Soifs. Lise Gauvin l’y a rejointe afin de stimuler ses réflexions sur sa vie et son art. Les deux amies se sont vues également à Québec, Montréal, Paris et Cape Cod, Les lieux de Marie-Claire Blais.

Annie Lafleur, photo: Le Quartanier, Justine Latour

Ciguë d’Annie Lafleur marque la fin d’un cycle. Avec ce livre dense, l’autrice reprend la route à moto, à dos de piranha ou de serpent. Elle nous offre un manuel de survie écrit dans une jungle touffue où elle se dévoile, sans se dévoiler. Entre un fusil sur la tempe et une traversée à la nage, elle a respiré à fond et s’est amusé avec la langue. De la grande poésie.

Corinne Larochelle, photo: Annie Lafleur

Le dixième livre de Corinne Larochelle, Pour cœurs appauvris, est un inventaire des rapports amoureux et charnels. Publié par Le Cheval d’août, ce recueil foisonnant compte 58 nouvelles ayant souvent des liens entre elles, portées par la sensibilité d’une seule narratrice. Et si les cœurs des amoureux sont appauvris, c’est surtout que l’époque est triste. Les temps sont à l’amour avec un petit « a ». Mais la narratrice ne désespère pas. Riche de ses expériences, elle a de l’humour et papillonne toujours.

Good Boy, photo: Christian Leduc

Après 13 ans, le OFFTA a atteint sa vitesse de croisière. L’assistance aux spectacles s’est maintenue à 92 %, avec plus de deux tiers de représentations à guichets fermés, du 24 mai au 2 juin. La pertinence d’un événement complémentaire au FTA ne fait pas de doute aux yeux du directeur Vincent de Repentigny eu égard aux résultats, mais aussi par rapport au soutien offert aux artistes émergents.

Granma, Trombones de La Havane, photo: Doro Tuch.

Il y a toujours un.e auteur.e au théâtre, au singulier ou au multiple, à la mise en scène ou à la dramaturgie. Le 13e FTA a célébré du 22 mai au 4 juin l’importance du texte. Dans un monde qui nous tombe des mains devant tant de préjugés, de clichés, de courtes vues, d’humeurs et de bruits, le théâtre reste une agora où la pensée peut éclore et se déployer, où s’élever ne signifie pas rabaisser. Non pas pour pérorer, montrer son nombril ou ses connaissances. Non. Parce que simplement, le public, donc le monde, en a cruellement besoin.

Fruit d’une initiative fort bienvenue, porté par une activité citoyenne sans précédent, le projet Constituons! de Christian Lapointe est un animal politico-théâtral à deux têtes qui ne s’entendent pas toujours bien ensemble. Pourtant, le résultat final, le texte de cette Constitution citoyenne du Québec, écrit par une quarantaine de Québécois, représente une véritable avancée politique qui impose le respect, voire l’admiration.

Constituons!, photo: Alexis Chartrand
Photo Bertrand Carrière

À la Maison de la Poste, la commissaire Isabelle de Mévius présente jusqu’au 23 juin une rétrospective majeure de l’artiste québécois Jean-Pierre Larocque. Nul prophète en son pays, le sculpteur et dessinateur a créé un corpus fascinant avec, essentiellement, de l’argile et du fusain. Un travail intemporel et d’une grande noblesse de la part d’un tendre guerrier qui dit que l’art c’est « faire quelque chose avec rien ».