Gyrðir Elíasson est un poète, écrivain, traducteur islandais acclamé à quelques reprises pour ses romans. Il a en effet été récipiendaire du grand prix de littérature du Conseil nordique en 2011 alors qu’il avait déjà été en deux autres occasions, malheureuses, nommé pour cette récompense. Cette année, son roman, La Fenêtre au sud, faisait partie de la première liste des prix Médicis étranger 2020; mais malheureusement plus de la liste finale. Aux éditions La Peuplade, c’est sa troisième publication.

Mireille Gagné, photo:  Laurence Grandbois-Bernard

Mireille Gagné a choisi la fable comme mode d’expression pour son premier roman, Le lièvre d’Amérique, publié par La Peuplade. Un genre qui convient parfaitement à la poète et nouvelliste qui s’inquiète de l’avenir. Le récit met en scène une femme obsédée, voire torturée, par son travail et un lièvre possédant, lui, l’instinct de survie.

Paul Kawczak, nous dit-on, en est à son premier roman. C’est bien vrai; mais quel début exubérant! En fait, il a publié, à la Peuplade où il travaille comme éditeur, Un long soir; 112 pages de microrécits. Surtout, surtout, il a complété son doctorat à l’Université du Québec à Chicoutimi et, dans sa thèse, il s’intéresse, on l’aurait deviné, aux récits d’aventures littéraires de l’entre-deux-guerres.

Au moment où l’on se pose beaucoup de questions sur l’après-pandémie, voici deux excellents romans qui fictionnalisent des réponses possibles. Science-fiction, dystopie, anticipation, peu importe l’étiquette, Grégoire Courtois et Olga Ravn décrivent des mondes où la valeur humaine ne tient plus qu’à sa fonction de travailleur ou, en fait, d’esclave d’un pouvoir obscur, froid, machiavélique. Le travail, quand on ne sait plus à quoi ou à qui il sert, arme ultime et aliénante du capitalisme sauvage.