Au moment où l’on se pose beaucoup de questions sur l’après-pandémie, voici deux excellents romans qui fictionnalisent des réponses possibles. Science-fiction, dystopie, anticipation, peu importe l’étiquette, Grégoire Courtois et Olga Ravn décrivent des mondes où la valeur humaine ne tient plus qu’à sa fonction de travailleur ou, en fait, d’esclave d’un pouvoir obscur, froid, machiavélique. Le travail, quand on ne sait plus à quoi ou à qui il sert, arme ultime et aliénante du capitalisme sauvage.
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Sylvain Campeau

Sébastien Ste-Croix Dubé est directeur d’un salon de dégustation dans Rosemont. Il a déjà publié La culture du divertissement. Art populaire ou vortex cérébral?, chez Varia. Il se livrait là à une critique des arts du divertissement et de l’engourdissement intellectuel, depuis une version remaniée, de son mémoire de maîtrise. Maintenant, il s’essaie à la fiction dans cette novella aux allures de quête.

Le deuxième roman de Katerine Caron, Pourquoi m’enfermez-vous ici?, étonne et attendrit. C’est une oeuvre de générosité et de bienveillance. L’autrice est également poète et met, au service de cette histoire hors de l’ordinaire, sa capacité de perpétuel émerveillement face au fonctionnement du cerveau humain.

La mort exerce une fascination chez les Mexicain.e.s et le Mexique fascine les écrivain.e.s québécois (Françoise Major, Françoise Roy et Josée Bilodeau à titre d’exemple). Louis Carmain, lui, a mis tout ça dans sa marmite de sorcier pour créer Les offrandes, un thriller captivant qui nous fait découvrir, à mille kilomètres des clichés, un pays et une culture dans ses croyances, ses superstitions, ses sagesses ancestrales, ses couleurs et odeurs vivifiantes… ou terrifiantes.

L’un des meilleurs romans de 2019 est aussi l’un des plus actuels. Tristement. L’apparition du chevreuil d’Élise Turcotte décrit avec style la peur des uns faces aux menaces des autres. L’autrice a écrit un suspense sur la résilience et le courage qui s’opposent à la violence aveugle des carnassiers. Un manuel de survie pour les proies vivant dans l’ombre du loup.

Montréal, le théâtre et le vieil âge sont parmi les personnages principaux de ce roman de la Montréalaise Claire Holden Rothman. À l’inverse du Lear de Shakespeare, toutefois, c’est surtout le sort de la « fille du roi » d’un père vacillant qui intéresse principalement la romancière. Il en résulte un livre vivifiant et touchant.

Il nous est malheureusement impossible de tous les avoir et, donc, de tous les avoir lus. Contre le vide et l’oubli qui guettent les recueils de poésie, toutefois, voici les extraits de 25 livres sur/soulignés pendant cette première année d’En toutes lettres. Par ordre alphabétique d’autrices et d’auteurs.

Un roman d’amour. Sans mièvrerie, sans guimauve, ni eau-de-rose. L’amour fort, l’amour trop. L’écrivaine Julia Kerninon démontre, dans une langue magnifique, qu’elle a compris toutes les nuances du verbe « aimer ». Son roman nous bouleverse et nous éclaire tout à la fois.

Premier roman malheureusement passé inaperçu l’automne dernier, Les chambres obscures de Jean-François Villeneuve publié par Lévesque Éditeur, mérite l’attention. Ce récit filial parle avec justesse de la recherche de la vérité dans un monde où elle s’avère de plus en plus floue et, en filigrane, de la vie des exilés volontaires ou non, des apatrides, des réfugiés, au moment où l’on préfère détourner le regard de leur sort.
Au milieu des vivants, Josée Bilodeau

Au milieu des vivants est un roman touchant, troublant parfois, au sujet d’un deuil difficile. La narratrice a perdu son amant. Elle fuit au Mexique pour retrouver, peut-être, un sens à la vie. Pour se retrouver dans tous les cas.


