L’un des meilleurs romans de 2019 est aussi l’un des plus actuels. Tristement. L’apparition du chevreuil d’Élise Turcotte décrit avec style la peur des uns faces aux menaces des autres. L’autrice a écrit un suspense sur la résilience et le courage qui s’opposent à la violence aveugle des carnassiers. Un manuel de survie pour les proies vivant dans l’ombre du loup.

Premier roman malheureusement passé inaperçu l’automne dernier, Les chambres obscures de Jean-François Villeneuve publié par Lévesque Éditeur, mérite l’attention. Ce récit filial parle avec justesse de la recherche de la vérité dans un monde où elle s’avère de plus en plus floue et, en filigrane, de la vie des exilés volontaires ou non, des apatrides, des réfugiés, au moment où l’on préfère détourner le regard de leur sort.

Valérie Roch-Lefebvre a écrit un premier roman magnifique, Bannie du royaume. Dans un style singulier, l’autrice explore l’intimité de trois générations d’une même famille. Ce n’est pas qui est quoi ou même le comment qui importe dans cette belle réussite littéraire, mais le regard et les mots pour le dire, ainsi que l’écoute empathique que porte la romancière aux uns et aux autres.

Vue de l’exposition, Photo: Guy L’Heureux

Ce n’est pas la première fois qu’à la Maison des Arts de Laval, dans la salle Alfred-Pellan, on se livre à pareille excentricité. Cette fois, c’est sous la direction de la commissaire Ariane Plante que deux artistes unissent leurs forces dans le but de former sens autour d’œuvres fort différentes mais ici complémentaires. Ce qui compte met en relation les travaux de la cinématographe expérimentale Andrée-Anne Roussel et de l’artiste en nouveaux médias Samuel Saint-Aubin.

Les trois soeurs, photos: Yves Renaud

René Richard Cyr a réussi son premier Tchekhov. S’attaquer à la pièce la plus jouée du dramaturge russe représentait un risque, mais le rusé metteur en scène a misé sur l’humanité du texte, des personnages et, surtout, la force des femmes. Il nous offre Les trois sœurs dont a besoin aujourd’hui.