Premier roman malheureusement passé inaperçu l’automne dernier, Les chambres obscures de Jean-François Villeneuve publié par Lévesque Éditeur, mérite l’attention. Ce récit filial parle avec justesse de la recherche de la vérité dans un monde où elle s’avère de plus en plus floue et, en filigrane, de la vie des exilés volontaires ou non, des apatrides, des réfugiés, au moment où l’on préfère détourner le regard de leur sort.

Valérie Roch-Lefebvre a écrit un premier roman magnifique, Bannie du royaume. Dans un style singulier, l’autrice explore l’intimité de trois générations d’une même famille. Ce n’est pas qui est quoi ou même le comment qui importe dans cette belle réussite littéraire, mais le regard et les mots pour le dire, ainsi que l’écoute empathique que porte la romancière aux uns et aux autres.

Vue de l’exposition, Photo: Guy L’Heureux

Ce n’est pas la première fois qu’à la Maison des Arts de Laval, dans la salle Alfred-Pellan, on se livre à pareille excentricité. Cette fois, c’est sous la direction de la commissaire Ariane Plante que deux artistes unissent leurs forces dans le but de former sens autour d’œuvres fort différentes mais ici complémentaires. Ce qui compte met en relation les travaux de la cinématographe expérimentale Andrée-Anne Roussel et de l’artiste en nouveaux médias Samuel Saint-Aubin.

Les trois soeurs, photos: Yves Renaud

René Richard Cyr a réussi son premier Tchekhov. S’attaquer à la pièce la plus jouée du dramaturge russe représentait un risque, mais le rusé metteur en scène a misé sur l’humanité du texte, des personnages et, surtout, la force des femmes. Il nous offre Les trois sœurs dont a besoin aujourd’hui.

François Grisé dans Tout inclus, photos: Lino Cipresso

À La Licorne, Annabel Soutar et Porte-parole démontrent encore une fois qu’ils conduisent la locomotive du théâtre documentaire québécois avec Tout inclus. Le texte joué et interprété par François Grisé résulte d’un séjour que l’artiste a fait en résidence privée pour aînés. Une expérience à la fois ardue et éclairante, laissant entrevoir la triste dépossession vécue par les personnes âgées lors de l’ultime étape de leur existence.