Auteur : Mario Cloutier

Journaliste depuis 30 ans, spécialisée en arts et culture

Théâtre: La vie de l’objet selon le Théâtre de la Pire Espèce


L’anatomie de l’objet est présentée du 21 au 25 mai aux Écuries
crédit photo: Julie Vallée-Léger

Le Théâtre de la Pire espèce a 20 ans. Un parcours exceptionnel pour une compagnie travaillant avec le petit, mais ayant tourné en grand dans plusieurs pays. Les fondateurs et codirecteurs artistiques Olivier Ducas et Francis Monty ont créé un répertoire impressionnant de pièces utilisant objets, masques, ombres chinoises, projections… Issus respectivement de formation en interprétation et en écriture dramatique, ils sont les auteurs d’une véritable oeuvre où l’imaginaire fait entendre ce qui est muet de nature. Les deux créateurs reviennent avec nous sur leurs années de totale liberté artistique. Leur expérience est forte d’enseignements pour quiconque s’intéresse à la création théâtrale.

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Littérature: Alexie Morin, Joséphine Bacon et Robyn Maynard lauréates aux Prix des libraires

Photo: Justine Latour, © Le Quartanier

Les voix de femmes ont triomphé cette année à la remise des Prix des libraires 2019. Alexie Morin (pour son roman Ouvrir son cœur publié au Quartanier), Joséphine Bacon (pour son recueil de poèmes Uiesh – Quelque part, Mémoire d’encrier) et Robyn Maynard (pour son essai Noires sous surveillance, traduit par Catherine Ego et également chez Mémoire d’encrier) ont vu leurs efforts récompensés par ces Prix remis annuellement par l’Association des libraires du Québec. .

Littérature: Pluie de poètes sur Montréal

Le Festival de la poésie de Montréal fêtera son vingtième anniversaire avec une vraie bonne averse de poètes du 27 mai au 2 juin. À cet âge où tout semble possible, le FPM a vraisemblablement décidé de se lâcher lousse, de se fendre la poire, de s’éclater, bref. Les poètes mêmes ont clairement voulu mettre le paquet. Les plus expérimenté.e.s se frotteront aux plus jeunes. Les formes anciennes et nouvelles boiront dans les mêmes vers. La musique les feront toutes et tous danser.

Théâtre: Une Licorne équitable en 2019-2020

Huit artistes prenant part aux productions de la saison
2019-202 à La Licorne

On en parle trop ou pas assez, selon le point de vue. Les plus récentes statistiques démontrent que la situation ne s’est guère améliorée depuis trois ans à Montréal en ce qui a trait à l’équité pour les femmes au théâtre. Il faut tout de même rapporter les bonnes nouvelles quand c’est le cas. La Licorne réalisera l’équité entre le nombre de femmes et et d’hommes à l’écriture et à la mise en scène la saison prochaine. Sans compter les reprises, mais incluant les 5 à 7, les 14 nouvelles productions des deux salles de la rue Papineau constitueront une affiche « équitable » en 2019-2020.

Théâtre: (Re)construire aujourd’hui

Pas question de se reposer sur les lauriers d’un 50e anniversaire bien occupé au Centre du Théâtre d’aujourd’hui. Le directeur artistique Sylvain Bélanger a plutôt choisi de se relever les manches en 2019-2020 et de tendre les bras vers la(les) communauté(s) d’un Québec divisé par mille questions plus ou moins existentielles. Le CTDA se demande ce que l’on peut (re)construire et/ou (re)commencer ensemble aujourd’hui. D’ailleurs, des travaux de rénovation repousseront le début de la programmation jusqu’à la mi-novembre.

Sylvain Bélanger, photo: Valérie Remise

Littérature: Gilles Archambault, écrivain véritable

Gilles Archambault, Tu écouteras ta mémoire, Boréal, 133 pages.

Gilles Archambault ne souffrirait pas qu’on dise qu’il a une voix discrète. Dans la vie ou en littérature. Dans le sens d’À voix basse (1983), il écrit depuis 1963 en faisant preuve d’Une suprême discrétion. Pour ce grand amateur de musique, pas que le jazz détrompez-vous, il importerait surtout de reconnaître que sa voix n’émet pas de fausse note. Elle n’a pas besoin de crier pour se faire comprendre. Elle n’a pas à passer à la télévision pour s’exprimer. C’est celle d’un véritable écrivain.

Théâtre : La fissure ou tenter de sortir de sa coquille

Photo: La Licorne

Amélie Dallaire nous présente La fissure. Cette dernière pièce de la saison à la Petite licorne a été lue l’an dernier au festival Jamais lu. Sa première oeuvre, Queue cerise, remonte à 2016. La fissure explore les replis subconscients de l’âme humaine au sein d’une relation de couple difficile, qu’elle joue avec Mathieu Quesnel. Un huis-clos fort étrange sur l’incommunicabilité dont la dramaturge-metteuse en cène-comédienne nous parle avec passion.

Littérature: Cassie Bérard se joue du chat et de la souris

Le troisième roman de Cassie Bérard, La valeur de l’inconnue, décline la démarche singulière de l’autrice vers des modes narratifs à la fois étranges et exultants. Lire Cassie Bérard relève d’un plaisir intellectuel et littéraire immense. La valeur de l’inconnue parle de notre monde binaire, mais infini, porté par des personnages contradictoires, qui souffrent. C’est un roman dense, philosophique. Une narration extrême. Les yeux félins et la plume précise de Cassie Bérard nous guident dans un jeu dont on ne comprend les règles qu’à la fin, encore que… La romancière se joue, dans le fond, et du chat et de la souris. Entretien fascinant sur les paradoxes de l’écriture et de la lecture dans un univers quantique.

Divers: Art numérique, L’infini selon Daniel Iregui

Artiste montréalais reconnu internationalement, Daniel Iregui fait présentement la tournée des Maisons de la culture avec trois installations marquantes de son corpus: Forward, Outside et La couleur des choses, réunies sous le titre Cadres/Frames. Trois créations numériques immersives et/ou participatives qui place le spectateur face à des possibilités pratiquement infinies.

Photos: Maxime Brouillet

Daniel Iregui travaille à Montréal depuis 10 ans et expose partout dans des musées, des espaces publics ou privés. L’artiste montréalais intéresse autant les festivals d’art numérique ou lumineux, d’arts visuels, de cinéma ou de musique, sans oublier certaines biennales d’architecture.

Ses créations utilisent l’informatique afin de générer des formes aléatoires, des projections changeantes, des lumières et des sons, certains issus de compositions musicales et d’autres d’ondes radio, que le spectateur peut, la plupart du temps, manipuler. L’immersion et l’interaction sont au centre de ce travail qui demeure des plus accessibles.

« L’interaction est la chose la plus intéressante à mes yeux, souligne Daniel Iregui. Je suis moi-même souvent surpris par les formes qui émanent des mes œuvres puisqu’il y a beaucoup d’aléatoire dans ce que je fais, mais c’est encore plus stimulant de voir les spectateurs s’y promener et s’en emparer. Il arrive que des gens restent plus de 30 minutes devant une oeuvre. Ensuite, ça m’inspire et ça m’amène toujours à aller plus loin dans mon travail en atelier. »

Avec Outside, le visiteur peut bouger ses mains dans une cadre relié aux stations de radio FM en ondes au moment de l’exposition. Statique, sons de voix, musique et publicités servent de matériaux pour cette composition inédite de la part des spectateurs manipulateurs.

Face à Forward, le visiteur est hypnotisé par la projection d’un cadre qui se déroule à l’infini, changeant continuellement de formes à l’aide de courbes qui donnent l’impression de rouler dans un tunnel ou dans une montagne russe qui jamais ne s’arrête. Le résultat est tout à fait fascinant.

La couleur des choses, enfin, permet au public de toucher des tubes de plastique qui font apparaître des couleurs et des sons. Le résultat peut être observé des deux côtés du panneau lumineux et se reflète également sur un mur où apparaît une phrase portant sur les propriétés de la lumière et des couleurs.

Tout à fait satisfait de cette mini-rétrospective montréalaise, réalisée grâce au Conseil des arts de Montréal et au festival Elektra, l’artiste d’origine colombienne crée en moyenne huit nouvelles œuvres par année. Ses créations se sont promenées jusqu’ici dans une vingtaine de pays.

L’artiste pourrait vivre d’ailleurs vivre et créer n’importe où sur la planète, comme en Europe par exemple où les arts numériques sont florissants, mais sa présence à Montréal lui a permis d’acquérir des compétences qu’on ne peut que développer ici.

« Je fais beaucoup d’art public et, pour moi, « l’école montréalaise », c’est-à-dire celle de l’hiver, m’a été fort utile jusqu’à maintenant parce que je peux exercer. parfois, dans les pires conditions. Je vais dans des festivals où d’autres éprouvent des difficultés techniques en raison de la météo. Moi, jamais », rigole-t-il.

L’exposition Cadres/Frames est présentée à la Maison de la culture Marie-Uguay à partir du 5 mai et à la salle de diffusion Parc-Extension dès le 21 juin.

site de l’artiste: iregular.io