Cutlass Spring est présentée ce soir au Théâtre Prospero.

Cutlass Spring, le nouveau né de Dana Michel, sort de ses tripes comme Yellow Towel et Mercurial George auparavant, trois spectacles, en tout, qui se promènent sur la planète. L’artiste montréalaise continue d’étonner brillamment, et de détonner aussi face aux formes classiques et même contemporaines, avec sa façon bien à elle d’allier danse, théâtre et performance.

Fruit d’une initiative fort bienvenue, porté par une activité citoyenne sans précédent, le projet Constituons! de Christian Lapointe est un animal politico-théâtral à deux têtes qui ne s’entendent pas toujours bien ensemble. Pourtant, le résultat final, le texte de cette Constitution citoyenne du Québec, écrit par une quarantaine de Québécois, représente une véritable avancée politique qui impose le respect, voire l’admiration.

Constituons!, photo: Alexis Chartrand

Granma. Trombones de La Havane est présentée aujourd’hui et demain au Monument-National, ainsi que les 2, 4 et 5 juin à Québec.

Granma. Trombones de La Havane. Photo: Ute Langkafel

Stefan Kaegi et Rimini Protokoll (Berlin) nous refont le coup d’un théâtre documentaire qui surprend par l’étendue et la générosité de son regard. Deux ans après 100 % Montréal qui avait révélé aux spectateurs montréalais du FTA des aspects insoupçonnés d’eux-mêmes, Granma. Trombones de La Havane nous propose un voyage dans le temps qui ne tente nullement de justifier une idéologie ou une autre, mais de comprendre où en est la population cubaine aujourd’hui avec ses désillusions et ses rêves.

Le 13e FTA accueille cette année des mutants jusqu’au 4 juin prochain. La terre change, ses habitants aussi. Devant un futur incertain, les artistes ont créé des pièces et chorégraphies se glissant parfaitement dans le thème de cette année, Sortir de soi. Cette extraction nous amène des personnages étranges, hauts en couleurs, des humains numériques, à tout le moins métamorphosés, des créatures dénaturées ou presque humaines. Voyez plutôt:

Au boulot! Quand tout semble aller mal, on peut se terrer ou relever les manches. Besogneux, le 13e OFFTA présente une vingtaine de spectacles jusqu’au 2 juin, qui parlent de travail et de jeu, de vulnérabilité et de résilience, de levers de soleil et de fins du monde. Dans l’inconfort et la différence, les artistes à tête chercheuse qui œuvrent dans les arts vivants tenteront de tisser de nouveaux liens entre la scène et le public, entre le présent et le futur.

Laborious Song de Daina Ashbee, photo: David flores Rubio.

Fantasia est présentée jusqu’à dimanche au Centaur.

La metteuse en scène polonaise Anna Kasrasińska « joue » au théâtre ou plutôt avec les codes théâtraux dans Fantasia. Cette courte forme imaginative fait beaucoup rire. Un exercice de laboratoire scénique sans quatrième mur, sans texte, voire sans pièce. Toujours accessible et sympathique.

Quasi niente est présentée à l’Usine C jusqu’à samedi.

Après des prestations remarquables en 2016 au FTA couronnées par un prix de la critique, le duo italien composé de Daria Deflorian et d’Antonio Tagliarini nous revient avec Quasi niente (Presque rien), un spectacle empreint de respect et de tendresse au sujet de la solitude des dépressifs et autres névrosés. Ces ombres qui parlent et se demandent comment rejoindre la réalité. « Pourquoi et comment toujours vivre, vivre, vivre si on ignore quoi regarder? ». Une pièce poétique, touchante.

Tous des oiseaux est présenté jusqu’à lundi au Théâtre Jean-Duceppe

Tous des oiseaux, photo: Simon Gosselin

La nouvelle pièce de Wajdi Mouawad, Tous des oiseaux, est un grand texte interprété par de merveilleuses.x actrices.teurs dans une mise en scène dépouillée qui ne se risque jamais à venir embrouiller les enjeux complexes représentés. Un spectacle de quatre heures qui passe très vite, fort émouvant par moments et tout autant édifiant le reste du temps. Tous des oiseaux est une merveilleuse fable sur le pardon qui ne viendra pas consoler des hommes et des femmes obstiné.e.s, aveugles et sourds à la présence de l’autre.


L’anatomie de l’objet est présentée du 21 au 25 mai aux Écuries
crédit photo: Julie Vallée-Léger

Le Théâtre de la Pire espèce a 20 ans. Un parcours exceptionnel pour une compagnie travaillant avec le petit, mais ayant tourné en grand dans plusieurs pays. Les fondateurs et codirecteurs artistiques Olivier Ducas et Francis Monty ont créé un répertoire impressionnant de pièces utilisant objets, masques, ombres chinoises, projections… Issus respectivement de formation en interprétation et en écriture dramatique, ils sont les auteurs d’une véritable oeuvre où l’imaginaire fait entendre ce qui est muet de nature. Les deux créateurs reviennent avec nous sur leurs années de totale liberté artistique. Leur expérience est forte d’enseignements pour quiconque s’intéresse à la création théâtrale.