Nicole Brossard, photo: Denyse Coutu

Le 22e Festival de la poésie de Montréal commence aujourd’hui et se déroulera jusqu’au 6 juin avec la participation d’une cinquantaine de poètes lors d’une quinzaine d’événements inédits en ligne. La poésie des femmes y occupera une place importante. Entre nos mains est le thème cette année et ce qui s’y trouve depuis quelques mois est la fabuleuse Anthologie de la poésie actuelle des femmes au Québec 2000|2020 (préparée par Vanessa Bell et Catherine Cormier-Larose. En toutes lettres s’est entretenu de la poésie au féminin avec Nicole Brossard, coautrice de l’Anthologie de la poésie des femmes du Québec, des origines à nos jours.

Un grand livre. Percutant, bouleversant. De ceux qu’on peut lire et relire en y cueillant de nouvelles vérités à chaque fois. Un livre sur le ici et maintenant. Il procède d’une hybridité des genres littéraires pour mieux englober son sujet vaste comme un trou noir. Ce qui n’est pas Rien du tout, malgré l’humilité du titre, paru chez Mémoire d’encrier. Un trou noir peut aspirer l’univers entier, concentré ici dans une superbe plume. Olivia Tapiero nous éblouit avec ce livre où interviennent le récit, l’essai et la poésie.

Rosalie Lessard, photo: Béatrice Vézina-Bouchard

Voir une œuvre poétique naître, grandir, se déployer, voire exploser relève du bonheur chez un lecteur. Après avoir remporté le prix Émile-Nelligan et celui de l’Académie des lettres pour L’observatoire en 2016, Rosalie Lessard confirme son regard unique avec son quatrième recueil, Les îles Phœnix. Elle témoigne de ce qu’elle voit pour reprendre le beau titre d’Élise Turcotte, rendant compte ici de la vie de femmes extraordinaires.

La lutte des femmes ne s’arrêtera pas et il n’y aura pas de retour en arrière n’en déplaise aux dinosaures. Le beau roman La fille de la famille de Louise Desjardins, publié par Boréal, nous rappelle le chemin parcouru par la moitié de l’humanité en démontrant, avec l’exemple d’une vie, le caractère irréversible du plus important mouvement social des cent dernières années.

Voici le livre d’une femme exceptionnelle et malheureusement méconnue, Kathleen Collins, paru en juin aux Éditions du Portrait. Journal d’une femme noire rassemble les premiers écrits traduits en français de cette artiste et féministe noire américaine, décédée du cancer en 1988. Cinéaste, dramaturge, écrivaine, professeure et militante, Kathleen Collins nous donne à lire une parole unique, brillante qui saurait encore, à notre époque trouble, inspirer les mouvements sociaux.