Le schisme identitaire est le premier livre d’Étienne-Alexandre Beauregard. L’auteur a été formé à l’Université Laval, étudiant en philosophie et en science politique. Il collabore au débat public par l’entremise d’un blogue portant son nom, comme il le fait aussi dans les pages de L’Action nationale. Il a été attaché politique à l’Assemblée nationale du Québec de mai 2019 à septembre 2020. Sous ce manteau nationaliste, un certain jupon identitaire dépasse de ce premier essai.

Laboratoire poison, photo: Vincent Arbelet

L’histoire ne nous apprend rien, disent les uns. C’est que nous sommes de mauvais élèves, répondent les autres. Le théâtre documentaire de la Belge Adeline Rosenstein scrute et fouille au-delà des perceptions, clichés et autres souvenirs imprécis. Dans Laboratoire poison, son microscope explore les mouvements de résistance qui ont eu cours pendant la Seconde guerre mondiale, celle d’Algérie et la décolonisation au Congo.

Pendant que le débat fait rage sur la cession ou non du territoire de l’île de Montréal aux Européens au 16e siècle, l’anthropologue Roland Viau lance de nouvelles et intéressantes hypothèses dans son plus récent essai : Gens du fleuve, gens de l’île. Hochelaga en Laurentie iroquoienne au XVIe siècle. L’histoire est toujours à réécrire, dit-on, surtout d’un point de vue du mode d’occupation et du concept de propriété du territoire.

BUSH Gallery (Gabrielle L’Hirondelle Hill, Peter Morin, Tania Willard) + les enfants, la famille, le territoire et les chiens, vue de l’exposition MOMENTA x OPTICA DIFFRACTION. DE LA LUMIÈRE ET DU TERRITOIRE, 2021. Matériaux divers.
Avec l’aimable autorisation des artistes. Crédit photo : Paul Litherland

Lors de notre dernière recension, nous avons couvert l’exposition de Bertrand Carrière. Elle faisait partie du programme satellite de Momenta. Biennale de l’image. La thématique principale de l’événement, Quand la nature ressent, a guidé le choix des commissaires Stefanie Hessler, Camille Georgeson-Usher, Maude Johnson et Himali Singh Soin. La présente exposition, Diffraction. De la lumière et du territoire, tenue à la Galerie Optica, est une des déclinaison de cette perspective englobante. Elle réunit les œuvres des artistes autochtones Gabrielle L’Hirondelle Hill, Peter Morin et Tania Willard, alliés sous la bannière BUSH Gallery.

Julie Le Breton, PHOTO : Jean-François Sauvé

Espace GO célèbre cette année les 40 ans de la compagnie UBU de Denis Marleau avec deux spectacles concoctés avec sa complice Stéphanie Jasmin. Mais la saison 2020-2021 ce sera aussi un moment de (re)découvrir deux artistes de la relève : Mykalle Bielinski et Émilie Monnet, qui a été choisie comme artiste en résidence par la directrice de GO Ginette Noiseux.

Le présent essai pourrait s’intituler « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les Autochtones du Canada et aviez peur de demander ». Ce livre a été écrit par une personne qui a une connaissance étendue et personnelle de la situation de ceux-ci, autant par son vécu propre, car elle est Métis, que par sa connaissance du droit. Chelsea Vowel est en effet enseignante de la langue crie à la Faculté des études autochtones de l’Université de l’Alberta, professeure et spécialiste du droit, en plus d’être la cofondatrice de l’organisme Métis in Space Land Trust.

Jean Paul Riopelle (1923-2002), Point de rencontre – Quintette (polyptyque), 1963, huile sur toile, 428 x 564 cm (5 panneaux). Paris,
Centre national des arts plastiques. © Succession Jean Paul Riopelle / SOCAN (2021). Photo MBAM, Jean-François Brière

Le Musée des Beaux-Arts de Montréal présente, jusqu’à la mi-septembre,  l’exposition Riopelle : À la rencontre des territoires nordiques et des cultures autochtones. Au-delà de cette thématique bien circonscrite, cet événement permet d’admirer 110 œuvres du peintre, issues de la collection du musée et d’une cinquantaine de collections institutionnelles et particulières canadiennes, américaines et françaises. Elle comprend même deux œuvres majeures récemment restaurées. C’est dire combien elle parvient à excéder l’objectif d’abord suggéré par le titre et nous immerger dans l’imaginaire de l’artiste. 

Simon Brault, directeur du Conseil des arts du Canada, Louise Lantagne, présidente de la SODEC, Vanessa Kanga, fondatrice du Festival Afropolitain nomade et Natasha Kanapé-Fontaine, artiste, photomontage: CORIM

Les artistes de la relève risquent d’écoper davantage de l’engorgement qui suivra l’actuelle pandémie en raison d’un recours probable aux valeurs sûres et aux artistes établis par les différents diffuseurs d’arts vivants, ici et ailleurs.

Courir l’Amérique, photos de répétition: Sylvie-Ann Paré

Rien ne sert de discourir, il faut partager à point. C’est ce que proposent Patrice Dubois, Soleil Launière et Alexandre Castonguay avec le spectacle Courir l’Amérique. Inspirés par les livres de Serge Bouchard et de Marie-Christine Lévesque, les trois complices de scène (re)font l’histoire de ce coin de terre que nous avons de la difficulté à partager. Heureusement, le vrai dialogue est toujours fécond.