Emmanuelle Lussier Martinez, photos fournie par Duceppe

Le visage froid et frondeur du capitalisme sauvage. C’est ce que nous demandent de contempler le dramaturge Jean-Philippe Baril-Guérard et le metteur en scène Jean-Simon Traversy avec Manuel de la vie sauvage qui ouvre la saison chez Duceppe. Quand réussir sa vie veut dire d’oublier la vie.

Simon Lacroix, Isabeau Blanche, Denis Bernard, Emmanuelle Lussier Martinez et Sharon James

Les directeurs de Duceppe, Jean-Simon Traversy et David Laurin, ont concocté une saison 2021-2022 qui n’a pas froid aux yeux, offrant moultes réflexions sur des phénomènes sociaux qui nous concernent tous : la crise des médias (Salle de nouvelles), le racisme systémique (King Dave) et le capitalisme sauvage (Manuel de la vie sauvage – de Jean-Philippe Baril Guérard qui ouvrira la saison le 8 septembre). En toutes lettres vous propose ses choix.

Brigitte Saint-Aubin dans Design intérieur, photos: Le petit russe

Chez Duceppe jusqu’au 20 juin, Brigitte Saint-Aubin refait son Design intérieur. Comme plusieurs d’entre nous en temps de crise, en raison d’un deuil ou d’une pandémie. Les moments charnières nous remettent souvent en question. Ainsi parlait Andromaque de Racine : «Où suis-je? Qu’ai-je fait? Que dois-je faire encore? Quel transport me saisit? Quel chagrin me dévore?»

Nathalie Doummar et Simon Lacroix dans L’amour est un dumpling, photos: Danny Taillon

Retrouver le plaisir de rire au théâtre sans que cela ne rime qu’avec le verbe divertir. L’amour est un dumpling est une production pertinente sur le temps présent et futur de nos relations amoureuses. Les espoirs, les fantasmes, les regrets aussi, suscités par ce verbe aimer qu’on conjugue tant bien que mal. Aussi bien en rire, sans doute.

Disparu.e.s, photos: Caroline Laberge

Au-delà du rire, beaucoup de sortes de rires en fait, la pièce Disparu.e.s porte véritablement sur la disparition de la famille. On peut y lire également la désintégration d’une société cynique composée d’individus mesquins et profondément malheureux. Ce n’est pas parce qu’on rit que c’est drôle, sait-on, et René Richard Cyr l’a bien compris en administrant, avec ce spectacle captivant, une superbe taloche à la face de l’hypocrisie.

Disparu.e.s, photo Caroline Laberge

Présentée chez Duceppe, la pièce Disparu.e.s (August: Osage County) met en scène une famille dysfonctionnelle américaine qui aurait pu tout aussi bien être québécoise. La mort du père fait ressortir la vérité se cachant derrière chacun des membres du clan Weston, la mère et des trois sœurs. Marie-Hélène Thibault joue l’aînée, Barbara, qui refuse de disparaître.