Éveline Gélinas, Emmanuelle Lussier Martinez et Anna Beaupré Moulounda (Les sorcières de Salem), photos: Jean-François Brière

La littérature s’installe au Théâtre Denise-Pelletier en 2021-2022. Des textes de Kafka, Louisa May Alcott, Arthur Miller, Nicoleta Esinencu, Drew Hayden Taylor et Roger Lemelin, entre autres, y seront présentés parmi les 11 spectacles du TDP et de la salle Fred-Barry. Le directeur artistique Claude Poissant innove aussi en posant un geste concret pour soutenir la relève théâtrale, durement touchée par la crise pandémique, en accueillant six stagiaires pour la saison.

Simon Lacroix, Isabeau Blanche, Denis Bernard, Emmanuelle Lussier Martinez et Sharon James

Les directeurs de Duceppe, Jean-Simon Traversy et David Laurin, ont concocté une saison 2021-2022 qui n’a pas froid aux yeux, offrant moultes réflexions sur des phénomènes sociaux qui nous concernent tous : la crise des médias (Salle de nouvelles), le racisme systémique (King Dave) et le capitalisme sauvage (Manuel de la vie sauvage – de Jean-Philippe Baril Guérard qui ouvrira la saison le 8 septembre). En toutes lettres vous propose ses choix.

Macha Limonchik et Steve Gagnon, photo: Hugo B. lefort

Avec les trois spectacles en salle annoncés aujourd’hui, le 27e Festival international de la littérature, qui aura lieu du 24 septembre au 3 octobre, célèbre des relations tourmentées d’une autre époque entre un écrivain français marié et une actrice libre, un poète français et une femme d’origine haïtienne ainsi qu’entre un poète austro-hongrois et… les drogues.

Le 20e Festival Jamais Lu réfléchira à l’après-pandémie du 19 au 28 août prochains au Théâtre aux Écuries. Sous le thème « Écrire à mille mains », la fête des textes inédits effectuera un retour vers le futur en faisant appel aux artistes qui s’y sont déjà produit et en accordant également une large place à la relève théâtrale qui risque le plus d’écoper dans les prochaines programmations des salles de spectacle.

Le Noroît est une forêt mature qui compte des centaines d’arbres-poètes publié.e.s en 50 ans. Une forêt diversifiée, comportant autant d’essences de plantes ligneuses terrestres indigènes qu’exogènes avec plusieurs branches. La cinéaste et photographe Monique Leblanc s’y est promenée pendant quelques années dans le but de célébrer la maison d’édition. Elle a planté un arboretum, J’écris peuplier, c’est-à-dire un très beau livre illustré avec soin et pertinence. En dialogue avec les textes de 25 femmes et de 25 hommes ayant publié au Noroît, surtout depuis les années 80.

« La parole passe à travers le miroir. Votre fille qui était muette ne l’est plus. Après la parole empêchée, le flot irrépressible peut advenir. » Ainsi débute… Écrits au noir de France Théoret en 2009. Toujours aux Éditions du remue-ménage, La forêt des signes procède des mêmes « réflexions passionnées » de la poète-essayiste-romancière qui poursuit sa quête de vérité à travers une vie d’écriture, portée par l’expérience des femmes à peine sorties de la forêt noire du mépris.

Robert Morin, pphoto:

Robert Morin nous fait son cinéma avec ses Scénarios refusés, recueil publié par Somme toute. Ce ne sont pas des romans ou même des novellas, souligne-t-il, mais leur lecture est néanmoins passionnante. Dans ces trois récits, on retrouve l’imaginaire sans tabous ni préjugés du réalisateur de Yes sir madame!, des personnages tragiques et des descriptions ultra-précises. C’est une démarche tout à fait libre à laquelle s’adonne le cinéaste, une écriture qu’aucune production cinématographique ne pourra altérer. Ces non-films sont d’excellents Morin.