Le Festival de la poésie de Montréal fête son vingtième anniversaire avec une vraie bonne averse de poètes jusqu’au 2 juin. Le FPM a vraisemblablement décidé de se lâcher lousse, de se fendre la poire, de s’éclater, bref. Les poètes mêmes ont clairement voulu mettre le paquet. Les plus expérimenté.e.s se frotteront aux plus jeunes. Les formes anciennes et nouvelles boiront dans les mêmes vers. La musique les feront toutes et tous danser.

Fantasia est présentée jusqu’à dimanche au Centaur.

La metteuse en scène polonaise Anna Kasrasińska « joue » au théâtre ou plutôt avec les codes théâtraux dans Fantasia. Cette courte forme imaginative fait beaucoup rire. Un exercice de laboratoire scénique sans quatrième mur, sans texte, voire sans pièce. Toujours accessible et sympathique.

Quasi niente est présentée à l’Usine C jusqu’à samedi.

Après des prestations remarquables en 2016 au FTA couronnées par un prix de la critique, le duo italien composé de Daria Deflorian et d’Antonio Tagliarini nous revient avec Quasi niente (Presque rien), un spectacle empreint de respect et de tendresse au sujet de la solitude des dépressifs et autres névrosés. Ces ombres qui parlent et se demandent comment rejoindre la réalité. « Pourquoi et comment toujours vivre, vivre, vivre si on ignore quoi regarder? ». Une pièce poétique, touchante.

Tous des oiseaux est présenté jusqu’à lundi au Théâtre Jean-Duceppe

Tous des oiseaux, photo: Simon Gosselin

La nouvelle pièce de Wajdi Mouawad, Tous des oiseaux, est un grand texte interprété par de merveilleuses.x actrices.teurs dans une mise en scène dépouillée qui ne se risque jamais à venir embrouiller les enjeux complexes représentés. Un spectacle de quatre heures qui passe très vite, fort émouvant par moments et tout autant édifiant le reste du temps. Tous des oiseaux est une merveilleuse fable sur le pardon qui ne viendra pas consoler des hommes et des femmes obstiné.e.s, aveugles et sourds à la présence de l’autre.


L’anatomie de l’objet est présentée du 21 au 25 mai aux Écuries
crédit photo: Julie Vallée-Léger

Le Théâtre de la Pire espèce a 20 ans. Un parcours exceptionnel pour une compagnie travaillant avec le petit, mais ayant tourné en grand dans plusieurs pays. Les fondateurs et codirecteurs artistiques Olivier Ducas et Francis Monty ont créé un répertoire impressionnant de pièces utilisant objets, masques, ombres chinoises, projections… Issus respectivement de formation en interprétation et en écriture dramatique, ils sont les auteurs d’une véritable oeuvre où l’imaginaire fait entendre ce qui est muet de nature. Les deux créateurs reviennent avec nous sur leurs années de totale liberté artistique. Leur expérience est forte d’enseignements pour quiconque s’intéresse à la création théâtrale.

Photo: Justine Latour, © Le Quartanier

Les voix de femmes ont triomphé cette année à la remise des Prix des libraires 2019. Alexie Morin (pour son roman Ouvrir son cœur publié au Quartanier), Joséphine Bacon (pour son recueil de poèmes Uiesh – Quelque part, Mémoire d’encrier) et Robyn Maynard (pour son essai Noires sous surveillance, traduit par Catherine Ego et également chez Mémoire d’encrier) ont vu leurs efforts récompensés par ces Prix remis annuellement par l’Association des libraires du Québec. .

La pièce Cr#%# d’oiseau cave est présentée à La Licorne jusqu’au 25 mai.

Michel-Maxime Legault. Photo: Julie Rivard

Après ses remarquables mises en scène de Centre d’achats (Emmanuelle Jimenez) et Les bâtisseurs d’empire ou le Schmürz (Boris Vian), Michel-Maxime Legault nous offre Cr#%# d’oiseau cave, une traduction de Stupid Fucking Bird de l’américain Aaron Posner. Malgré le titre, dans cette adaptation hallucinée de La mouette de Tchekhov, le metteur en scène s’intéresse, tout comme le célèbre dramaturge russe d’ailleurs, aux multiples soubresauts des relations humaines, y cherchant quelque chose… « de plus doux », comme le dit le texte. Entretien d’une grande franchise avec un artiste fort occupé.

Gilles Archambault, Tu écouteras ta mémoire, Boréal, 133 pages.

Gilles Archambault ne souffrirait pas qu’on dise qu’il a une voix discrète. Dans la vie ou en littérature. Dans le sens d’À voix basse (1983), il écrit depuis 1963 en faisant preuve d’Une suprême discrétion. Pour ce grand amateur de musique, pas que le jazz détrompez-vous, il importerait surtout de reconnaître que sa voix n’émet pas de fausse note. Elle n’a pas besoin de crier pour se faire comprendre. Elle n’a pas à passer à la télévision pour s’exprimer. C’est celle d’un véritable écrivain.