Dans le nuage, Hugo B. Lefort

La 15e édition du Festival TransAmériques prend l’allure d’une immense bouée de sauvetage devant le raz-de-marée qui menace, depuis un an, d’emporter les arts vivants. Beaucoup de danse, durement affectée par les annulations pandémiques, et surtout des créatrices et créateurs d’ici, étant donné les voyages restreints. Le FTA répond au nécessaire face aux dangers.

Le directeur d’Ondinnok, Dave Jenniss, photo: Maxime Côté

Ondinnok, la compagnie de théâtre autochtone fondée par Yves Sioui Durand, Catherine Joncas et John Blondin (1960-1996), a soufflé ses 35 ans en 2020. Pour célébrer un anniversaire retardé par la pandémie, le directeur artistique Dave Jenniss a organisé Mawessine : Uni.e.s POUR et PAR l’art autochtone. Cet événement fait écho à l’état des lieux sur la situation des arts autochtones au Québec, organisé par la compagnie en 2017.

Les ados méritent l’admiration depuis un an. Elles et ils ont renoncé à beaucoup de leurs activités sociales pendant la crise sanitaire tout en suivant leurs cours à distance. Le scriptarium 2021 du Théâtre Le Clou leur donne l’occasion de se lâcher lousse. On y découvre la langue de jeunes gens articulés, engagés, dont l’humour prend le dessus sur les frustrations. On peut entendre leurs textes jusqu’au 23 juin dans une œuvre radio fictive dirigée par Benoît Vermeulen.

The Bakery – Skin. Photo : Merissa Tordjman

Du 21 au 23 avril, la webdiffusion de Skin de Leslie Baker, relève de l’événement. C’est une très belle réussite de cette présente saison écourtée. Coprésenté par le Théâtre La Chapelle et le Centaur, cette œuvre fait prendre l’air au théâtre pour s’apparenter davantage au vidéo d’art. Et c’est tant mieux.

Depuis 10 ans maintenant, les Rencontres de la photographie en Gaspésie (ex-Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie) organisent leur série d’expositions le long du littoral, en des lieux souvent (mais pas toujours!) extérieurs et quelque peu distants. De Petite-Vallée à Miguasha et même au-delà, du Golfe à la Baie-des-Chaleurs, ces lieux sont nombreux et forment un itinéraire qui épouse la forme même de la péninsule! À voir et à lire dans une publication des Éditions Escuminac.

Être avec de Lion Lion, photo: Lion Lion

Rien n’arrête le OFFTA. Le 15e festival aura lieu  du 28 mai au 6 juin 2021, parallèlement au Festival TransAmériques (FTA). L’événement consacré aux arts vivants et principalement aux artistes émergents sortira encore une fois des sentiers battus cette année en essaimant sur la route, à Montréal et ailleurs, ainsi qu’en ligne.

Dany Boudreault, Stéphie Mazunya et Marie-Hélène Thibault, photos: Bruno Guérin

Les régions du Québec inspirent. Le Théâtre PàP et le Festival du Jamais Lu y croient. Le PàP met en ligne, jusqu’au 2 mai, les moments marquants des trois premiers épisodes de son projet de recherche théâtrale Radio-Ressources usant de tables rondes virtuelles sur les réalités du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de la Côte -Nord et du Bas-Saint-Laurent. De son côté, le Jamais lu innove en créant une version mobile qui offre le porte-voix à des auteurs de quatre régions : Abitibi-Témiscamingue, Estrie, Gaspésie et Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Marie Brassard dans Violence, photo: Marlène Gélineau Payette

Les sept premiers spectacles annoncés par le 15e Festival TransAmériques inscrivent les choix du programmateur Martin Faucher dans un objectif allant clairement à l’encontre des discriminations. Tout en diversité et en hybridité. Six créatrices (Marie Brassard, Louise Lecavalier, Mélanie Demers, Rhodnie Désir, Lara Kramer et Soleil Launière) et un créateur (2Fik) présenteront leur nouveau spectacle du 26 mai au 12 juin prochains. En présentiel, en extérieur et/ou en intérieur si la situation le permet, et en virtuel.

Sylvie Laliberté est une artiste devenue écrivaine. Lorsqu’elle se tourne vers le récit, en 2007, elle a déjà une bonne feuille de route. Performances, photographies, dessins, spectacles et chansons, elle a traversé bien des médiums et des genres en sachant conserver le cap l’amenant à développer un univers singulier. Entre tous ces modes artistiques, elle a tenu le coup, comme une équilibriste sur un fil qu’elle s’est plu à garder ténu. Publié chez Somme toute, J’ai montré toutes mes pattes blanches je n’en ai plus est son cinquième récit.

À En toutes lettres, on ne saurait parler de littérature autochtone sans rendre hommage à quelques poètes des Premiers peuples. Des signatures diverses se déployant entre la grandeur du territoire et l’infini de l’intime, en passant par des paroles plus engagées, anthropologiques ou philosophiques, en français ou traduites de l’anglais, de l’ilnu, du wendat et de l’inuktitut. Voici une sélection préparée dans le but de célébrer notre deuxième anniversaire.