ARTSCRITIQUELITTÉRATURE

par Mario Cloutier • 6 août 2019 • 0 Comments

Un premier roman de plus de 600 pages! Marie-Ève Thuot a eu la judicieuse idée de confier sa fresque sociale La trajectoire des confettis aux Herbes rouges, éditeur patient et rigoureux. Il en résulte un récit captivant au sujet de la famille, du couple, et surtout, de la complexe sexualité humaine. L’amour dans tout ça? Ça se prend et ça se jette, hein Léo?

Louis-Philippe Hébert, photo: Diane Paquin

Nouvelliste, romancier, poète, professeur, dramaturge, éditeur, entre autres choses, Louis-Philippe Hébert a écrit beaucoup. Plusieurs prix et une trentaine de livres en 50 ans dans une dizaine de maisons d’édition, dont la sienne, La Grenouillère. Il parle aussi beaucoup. Le lire et l’écouter, c’est le même plaisir, celui des mots, du langage qui s’emballe et d’une bonne histoire à raconter.

Louise Warren, photo: Richard Gravel

Essayiste et poète, dans cet ordre plus que jamais, Louise Warren revêt à nouveau son regard étonné sur le monde dans Le livre caché de Lisbonne. Cet essai, comme un autre qui le préparait en quelque sorte L’enveloppe invisible, montre l’atelier de l’artiste, cette fois, mobile. Un atelier avec des objets et des lieux, à Lisbonne, étrangers. Une matière bien réelle, toutefois, libératrice des sensations dont a besoin Louise Warren dans sa réflexion sur la création.

Le premier roman du poète et directeur littéraire au Noroît, Patrick Lafontaine, s’intitule simplement Roman. Comme dans « fiction » ou encore dans le prénom d’un personnage du livre. Il n’y a rien de simple puisque tout se dédouble à l’infini. Cet objet littéraire fort particulier, publié aux Éditions Pleine lune, raconte un périple apparemment hyperréaliste, mais aussi intérieur que poétique. Dépaysement garanti. Captivant.

Le premier recueil de nouvelles du poète Mattia Scarpulla suit le chemin déjà débroussaillé par cette écriture singulière qui se promène entre l’Italie et le Québec. Au propre et au figuré puisque les contrées ne renvoient parfois qu’à l’imaginaire. Ses histoires ont la bougeotte comme ses personnages quelque fois perdus entre l’insouciance adolescente et un âge adulte peu attirant. L’auteur possède un esprit et un style vivifiants.

Le troisième roman de Cassie Bérard, La valeur de l’inconnue, décline la démarche singulière de l’autrice vers des modes narratifs à la fois étranges et exultants. Lire Cassie Bérard relève d’un plaisir intellectuel et littéraire immense. La valeur de l’inconnue parle de notre monde binaire, mais infini, porté par des personnages contradictoires, qui souffrent. C’est un roman dense, philosophique. Une narration extrême. Les yeux félins et la plume précise de Cassie Bérard nous guident dans un jeu dont on ne comprend les règles qu’à la fin, encore que… La romancière se joue, dans le fond, et du chat et de la souris. Entretien fascinant sur les paradoxes de l’écriture et de la lecture dans un univers quantique.

En 50 ans d’écriture, France Vézina s’est faite rare. Chaque offrande de sa part s’avère donc un cadeau tombé du ciel. La poète, dramaturge et romancière (Osther, le chat criblé d’étoiles) marche, d’ailleurs, toujours la tête en l’air, tentant de capter l’indicible. Avec Le génie de l’enfance, paru à l’automne, elle démontre encore une fois sa pertinence, son extrême sensibilité et sa foi en la force des enfants pour sauver le monde.